Une femme de 50 ans a été interceptée le 9 septembre dans la région d’Igabi, dans l’État de Kaduna, alors qu’elle transportait 300 cartouches dissimulées dans un sac. Selon un communiqué du Joint Task Force North West, cité par Vanguard, la suspecte avait parcouru près de 300 kilomètres depuis l’État de Zamfara jusqu’à Lafia, où elle aurait récupéré la cargaison destinée à des groupes armés actifs à Birnin Gwari.
Un réseau logistique démantelé en une journée
Cette interception s’ajoute à une série de trois opérations distinctes menées le même jour par les troupes du secteur 1 de l’Opération FANSAN YAMMA, dispositif militaire déployé dans le nord-ouest du pays face à la criminalité armée. Dans la localité de Dabar Dabo, en zone de Kubau, un raid de ratissage a permis l’arrestation d’un chef présumé de groupe armé et de deux membres de son entourage, retenus en garde à vue pour interrogatoire.
Plus tard dans la journée, une troisième opération a visé un homme soupçonné d’assurer l’approvisionnement logistique des groupes armés à Birnin Gwari. Les militaires, appuyés par un groupe de vigilance communautaire local, ont saisi lors de son arrestation quatre appareils de communication présumés liés à ces réseaux.
Une chaîne d’approvisionnement transrégionale
Le porte-parole du dispositif, le lieutenant-colonel Aliyu Danja, a précisé dans son communiqué que « l’enquête préliminaire indique que la suspecte avait voyagé depuis l’État de Zamfara jusqu’à Lafia, où elle aurait reçu les munitions destinées à une livraison aux terroristes opérant à Birnin Gwari ». Ce trajet montre l’étendue géographique des circuits d’approvisionnement en armes dans le nord du Nigeria, une zone où plusieurs États frontaliers — Zamfara, Kaduna, Katsina et Sokoto — sont régulièrement cités par les autorités nigérianes comme des corridors utilisés par les groupes armés pour faire transiter munitions et combattants.
Le nord-ouest du Nigeria concentre depuis plusieurs années une part croissante des violences armées dans le pays, avec des groupes locaux souvent qualifiés de « bandits » par les autorités, distincts des insurrections djihadistes plus connues du nord-est comme Boko Haram ou l’ISWAP, mais parfois soupçonnés d’entretenir des liens ponctuels avec elles.
Les suspects en garde à vue militaire
L’ensemble des personnes arrêtées — le chef présumé, ses deux associés, la convoyeuse et le fournisseur logistique — reste sous la garde des forces armées dans l’attente de la poursuite des investigations. Aucune identité n’a été communiquée par le commandement militaire à ce stade.
L’Opération FANSAN YAMMA affirme poursuivre ses opérations de renseignement dans la région pour, selon ses termes, empêcher la circulation d’armes et de munitions vers les groupes armés opérant dans sa zone de responsabilité.
