Des employés rattachés à une unité spécialisée du FBI apparaîtraient dans les données obtenues lors de la compromission de son portail de recrutement aux États-Unis. Trois entrées examinées par 404 Media feraient référence à la Remote Operations Unit (ROU), une équipe chargée de développer des capacités techniques permettant au FBI d’accéder à distance à des appareils ciblés lors d’enquêtes.
L’agence fédérale a confirmé le 23 septembre 2026 enquêter sur une compromission de FBIJobs.gov et sur une possible exposition de données personnelles de ses employés. Elle n’a toutefois pas confirmé l’ampleur des informations que les pirates affirment avoir récupérées. Le FBI indique également ne pas savoir encore si l’accès initial s’est produit dans ses propres systèmes ou chez un prestataire intervenant dans le fonctionnement du portail.
Des membres de la Remote Operations Unit identifiés
La présence de personnels associés à la Remote Operations Unit donne une dimension particulière à l’affaire. Cette équipe dépend de l’Operational Technology Division du FBI et fournit des capacités d’exploitation de réseaux informatiques. Des documents officiels antérieurs indiquent également que ses ingénieurs travaillent au développement de techniques permettant d’exploiter des appareils mobiles dans le cadre d’enquêtes disposant des autorisations légales nécessaires.
Les informations transmises aux médias ne se limiteraient pas à cette unité. Reuters a examiné un fichier d’environ 5 000 lignes dans lequel apparaissent des employés affectés à des dossiers liés à la Chine, à la Russie, au cyber, à la surveillance et au renseignement humain. Le média a recensé 14 personnes associées à des missions concernant la Chine et neuf à des fonctions liées à la Russie.
Les fichiers communiqués par les pirates comporteraient aussi différentes informations permettant d’identifier ou de contacter les personnes concernées. Certaines fiches contiendraient également des renseignements relatifs à leurs proches. Plusieurs médias ont pu faire correspondre une partie des données avec de véritables employés du FBI ou du département américain de la Justice, sans établir que les fichiers provenaient directement des systèmes internes de l’agence.
ShinyHunters revendique plusieurs téraoctets de données
Le groupe cybercriminel ShinyHunters revendique l’opération et affirme détenir entre deux et trois téraoctets de données relatives à des employés actuels ou anciens ainsi qu’à des candidats au recrutement. Il soutient avoir exploité une nouvelle vulnérabilité touchant Oracle PeopleSoft, logiciel utilisé dans la gestion des ressources humaines. Cette version n’a pas été confirmée par le FBI, qui considère toujours l’origine de la compromission comme indéterminée.
ShinyHunters affirme également que son action répond à des publications du FBI décrivant ses méthodes. Le groupe demande à l’agence de retirer ou modifier certaines affirmations contenues dans une alerte diffusée en mai et menace de publier davantage de données en l’absence de réponse.
Une unité déjà documentée avant cette fuite
L’existence de la Remote Operations Unit n’était pas totalement inconnue avant cet incident. Des documents du FBI rendus publics décrivaient déjà son rattachement à la Technical Surveillance Section et ses capacités d’exploitation informatique. Ce qui est potentiellement nouveau dans les fichiers attribués à ShinyHunters concerne l’identification de personnes qui travailleraient au sein de cette structure.
L’enquête doit désormais déterminer l’étendue réelle des données compromises et leur provenance. Le FBI dit travailler avec les prestataires associés à FBIJobs.gov afin d’identifier le point d’accès utilisé et de réduire les risques pour les personnes potentiellement concernées.
