Qui est Sarah Khalifa, la présentatrice TV condamnée à mort pour trafic de drogue en Égypte

Sarah Khalifa est une présentatrice de télévision, productrice et femme d’affaires égyptienne de 39 ans, condamnée à mort par pendaison samedi 5 septembre par un tribunal du Caire. Le verdict, rendu après avis du Grand Mufti d’Égypte, vise onze autres accusés jugés avec elle pour fabrication et trafic de stupéfiants au sein d’un réseau organisé.

Une figure télévisée devenue entrepreneuse

Avant son arrestation à Gizeh en avril 2025, Sarah Khalifa s’était construit une notoriété qui dépassait largement le petit écran égyptien. Elle avait débuté sa carrière sur la chaîne panarabe ART puis sur la télévision irakienne Al Sharqiya, avant de rejoindre Al-Mehwar où elle animait « Mission Difficile », une émission consacrée aux affaires de sécurité et de criminalité. Une notoriété qu’elle avait su transformer en empire personnel : selon plusieurs médias égyptiens, elle a ouvert une clinique de chirurgie esthétique à Gizeh dès 2019, prisée par une clientèle aisée et des célébrités, puis fondé en 2021 sa propre société de production, spécialisée dans l’organisation de concerts et d’événements dans le monde arabe, travaillant notamment avec plusieurs artistes du mahraganat.

Son couple avec le footballeur égyptien Mahmoud Abdel Moneim, dit Kahraba, avait par ailleurs fortement alimenté la presse people locale en 2016. Sur les réseaux sociaux, elle revendiquait jusqu’à trois millions d’abonnés sur Instagram, un statut d’influenceuse qui a fait d’elle l’une des figures les plus suivies impliquées dans une affaire de trafic de drogue en Égypte ces dernières années.

Le dossier qui a conduit à sa condamnation

L’enquête à l’origine du procès avait fini par viser 28 personnes, dont le frère de la présentatrice, selon des médias officiels. Les autorités affirment avoir saisi plus de 750 kilogrammes de drogues de synthèse et de matières premières, ainsi que du matériel de production, dans deux appartements transformés en laboratoires clandestins. Selon les documents judiciaires, Sarah Khalifa aurait financé l’opération et se serait rendue à l’étranger pour rencontrer deux responsables présumés du réseau. Le tribunal a retenu la formation d’« une organisation criminelle spécialisée dans l’importation de substances utilisées dans la fabrication de drogues », selon le journal al-Ahram. Neuf autres prévenus ont été condamnés à la perpétuité et sept ont été acquittés. Les condamnés disposent encore de la possibilité de faire appel.

Une seconde procédure judiciaire en parallèle

En dehors de cette affaire, Sarah Khalifa a également été condamnée à cinq ans de prison pour séquestration et agression visant son chauffeur privé, dans un dossier jugé séparément. Cette procédure avait déjà écorné sa réputation publique avant l’ouverture du procès pour trafic de drogue, surnommé par la presse locale « la grande affaire de la drogue ».

L’Égypte applique la peine de mort pour plusieurs infractions, dont le meurtre avec préméditation, le terrorisme, certains viols et le trafic de stupéfiants. Selon la Commission égyptienne pour les droits et les libertés, une organisation non gouvernementale, 541 condamnations à mort ont été prononcées dans le pays au cours de la seule année 2025.

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