Le Togo considère le Burkina Faso, le Mali et le Niger comme des acteurs essentiels de la sécurité régionale. Le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, l’a expliqué le 23 septembre 2026 lors d’un entretien accordé à France 24 en marge de l’Assemblée générale des Nations unies à New York.
Selon le chef de la diplomatie togolaise, l’isolement des trois pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) ne constitue pas une réponse adaptée aux menaces auxquelles ils sont confrontés. Il estime au contraire que leur situation sécuritaire concerne directement les États voisins, notamment ceux du golfe de Guinée.
Le Togo veut soutenir les trois pays de l’AES
Robert Dussey a défendu la position adoptée par les autorités togolaises en faveur du Burkina Faso, du Mali et du Niger. Il a rappelé que le président du Conseil togolais, Faure Gnassingbé, avait choisi de maintenir le dialogue avec les trois États malgré les tensions qui existaient avec plusieurs pays de la région.
Le ministre a également estimé que l’évolution récente des relations entre l’AES et certains pays de la région confirmait la nécessité de privilégier le dialogue. Selon lui, plusieurs États qui avaient auparavant condamné les trois pays cherchent désormais à renouer avec eux. Pour Lomé, cette approche répond aussi à un enjeu sécuritaire. Robert Dussey considère que la sécurité du Burkina Faso, du Mali et du Niger est directement liée à celle de leurs voisins.
Une « digue sécuritaire » pour les pays côtiers
Le ministre togolais a utilisé l’expression « digue sécuritaire » pour décrire le rôle qu’il attribue aux trois pays de l’AES. Son raisonnement est que leur résistance aux groupes djihadistes peut contribuer à empêcher l’extension des menaces vers les États côtiers. Robert Dussey estime ainsi que l’aide apportée au Burkina Faso, au Mali et au Niger ne doit pas être comprise uniquement comme un soutien à ces trois États. Il considère qu’elle participe également à la protection des pays situés plus au sud. Cette position explique en partie la volonté de Lomé de maintenir des relations étroites avec les membres de l’AES, alors que ces derniers ont quitté la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) en janvier 2025.
Lomé renforce ses relations avec l’AES
La proximité entre le Togo et les trois pays sahéliens s’est renforcée au cours de l’année 2026. En avril, Lomé avait réuni les ministres des Affaires étrangères du Burkina Faso, du Mali et du Niger avec des représentants de la CEDEAO. Robert Dussey avait alors présenté le Togo comme un « pont entre l’AES et la CEDEAO ».
La même année, le Togo a également adopté une stratégie pour le Sahel couvrant la période 2026-2028. Elle prévoit le développement du dialogue avec les pays sahéliens, le renforcement du bon voisinage et une coopération accrue sur les questions de sécurité et de lutte contre le terrorisme.
En juillet 2026, Robert Dussey avait aussi été décoré au Burkina Faso. Cette distinction avait été présentée par les autorités togolaises comme une reconnaissance de la coopération entre les deux pays sur les questions de paix, de sécurité et d’intégration régionale. À New York, le chef de la diplomatie togolaise a donc réaffirmé cette orientation. Pour Lomé, la situation sécuritaire au Burkina Faso, au Mali et au Niger ne concerne pas uniquement ces trois pays : elle touche également leurs voisins et, plus largement, la stabilité de l’Afrique de l’Ouest.
