Zimbabwe : la belle-fille du président Mnangagwa restera en détention pour trafic de drogue

Kelsea Tafirenyika restera derrière les barreaux. Un tribunal d’Harare a refusé, le 4 septembre, sa demande de mise en liberté sous caution, dans le dossier de blanchiment d’argent et de trafic de stupéfiants qui la vise.

Un patrimoine réparti hors du pays

Le magistrat a justifié son refus par le risque de voir la prévenue échapper à la justice grâce à ses avoirs situés à l’étranger, notamment en Afrique du Sud et à Dubaï. Selon l’accusation, la seconde épouse de Collins Mnangagwa, fils du président Emmerson Mnangagwa, aurait accumulé entre janvier 2023 et août 2026 un patrimoine estimé à plus de 9,35 millions de dollars, composé de neuf véhicules et dix propriétés. L’enquête porte sur des fonds qui proviendraient de la revente de péthidine, de morphine et de cannabis.

La jeune femme de 22 ans avait été arrêtée début août à son domicile du quartier de Greystone Park, dans la capitale, où des ampoules de substances réglementées auraient été retrouvées à son domicile ainsi que dans son véhicule. Elle nie les faits qui lui sont reprochés.

Une affaire qui touche l’entourage familial

Le dossier s’est élargi avec l’interpellation, à Bulawayo, de la mère et de la sœur de la prévenue, alors qu’elles cherchaient à quitter le pays avec une importante somme en liquide. Un second volet judiciaire concerne une pièce d’identité portant la photo de Tafirenyika mais associée à un autre nom. Ses avocats contestent l’authenticité de ce document et évoquent une possible manipulation numérique. Les défenseurs de la prévenue estiment que la procédure viserait à nuire à la famille présidentielle par le biais d’accusations politiquement motivées.

Une lutte anticorruption héritée de la chute de Mugabe

L’arrivée au pouvoir de Mnangagwa, en novembre 2017, avait suivi le renversement de Robert Mugabe par l’armée, dans une opération présentée comme une réponse aux réseaux de corruption qui entouraient alors le chef de l’État. Près de neuf ans plus tard, des opposants reprochent à l’actuel président d’avoir laissé se reproduire des pratiques comparables au sein de son propre entourage. L’affaire visant sa belle-fille survient alors que Mnangagwa défend publiquement une politique de fermeté contre le trafic de drogue.

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