Pékin n’a pas laissé aux analystes le soin d’interpréter l’affaire. Le 28 octobre 2026, le Quotidien du peuple, porte-voix officiel du Parti communiste, a publié en Chine un commentaire sur Kylian Mbappé : « Une fois qu’une limite est franchie ou que le public est offensé, tout le glamour se dissipe rapidement, et l’on peut même subir un retour de bâton ».
Le journal s’est ensuite adressé aux groupes étrangers, car « les entreprises ne peuvent pas traiter la Chine simplement comme un marché de consommateurs et de revenus », puisqu’« elles doivent comprendre le cadre historique et politique dans lequel les consommateurs s’engagent auprès de leurs marques ». L’avertissement vise donc toutes les marques et toutes les célébrités qui travaillent avec le marché chinois, et pas seulement l’attaquant du Real Madrid et sa plaisanterie sur Mao Zedong.
La veille, le quotidien d’État Global Times avait déjà donné le ton dans une tribune, où il a écrit que « le talent peut ouvrir la porte d’un marché, mais c’est le respect qui la maintient ouverte ». Il a ensuite prévenu que « les sentiments nationaux du peuple chinois ne sont pas à provoquer » et que « le marché chinois ne laissera aucune place à ceux qui font preuve d’arrogance et de manque de respect », avant de proposer que « les contrats commerciaux précisent des clauses plus claires sur la conduite publique ».
Une règle posée dès le premier jour
Dès le 27 octobre, le porte-parole de la diplomatie, Guo Jiakun, avait déclaré : « Les paroles et les actes qui blessent les sentiments du peuple chinois seront naturellement accueillis par une opposition conjointe de tous les secteurs de la société chinoise ». Les entreprises ont repris la même ligne presque mot pour mot, à l’image de Mengniu, qui a affirmé qu’il « s’oppose fermement et applique une politique de tolérance zéro envers tout propos ou acte qui blesse les sentiments du peuple chinois ». L’Association chinoise de football est allée plus loin, puisqu’elle a indiqué avoir « formulé une protestation sévère » auprès du Real Madrid, tout en exigeant des excuses publiques et formelles du joueur comme du club.
La sanction n’a pas dépendu de la diffusion des propos en Chine et Mbappé en a d’ailleurs mesuré la portée dans ses excuses : « Mon commentaire était mal avisé, et je comprends désormais qu’il a blessé beaucoup de personnes en Chine et dans les communautés chinoises du monde entier ».
