L’intelligence artificielle est-elle entrain de redéfinir les codes qui régissent le monde de la littérature ? Simbarashe Kundizeza, lauréat du prix Caine 2026 pour sa nouvelle « The Blue Fighter », est au cœur d’une polémique sur l’utilisation de l’intelligence artificielle. Cette affaire n’est pas sans rappeler celle de l’écrivain canado-haïtien Thélyson Orélien. Ce dernier avait suscité la controverse après avoir été accusé d’avoir utilisé l’IA pour écrire son roman « C’était ça ou mourir ». Ces deux cas relancent le débat sur la place de l’IA dans la création littéraire.
Quand l’IA intègre le jury
Tout récemment, le magazine américain The Atlantic a publié un article qui met en doute l’œuvre qui a permis à Kundizeza de remporter son prix. Le magazine s’est basé sur l’outil Pangram, considéré comme l’un des meilleurs outils pour analyser et détecter des textes générés par l’IA. The Atlantic est catégorique, l’ensemble du livre The Blue Fighter, aurait été produite par une intelligence artificielle, à l’exception d’un passage poétique.
De son côté, l’écrivain zimbabwéen a vivement rejeté les conclusions du magazine américain. L’écrivain a expliqué que son œuvre s’est inspiré de son histoire personnel et qu’à aucun moment il n’a eu recours à l’IA. Le comité du prix Caine suit de près le dossier et il a annoncé l’ouverture d’une enquête pour examiner le dossier. Pour le moment, aucune décision n’a été prise sur un éventuel retrait du prix à Simbarashe Kundizeza,
L’affaire Thélyson Orélien et Kundizeza soulèvent des questions sur la fiabilité des logiciels capables de détecter les textes générés par l’IA. Leurs résultats ne constituent pas, à eux seuls, une preuve définitive. Elles interrogent aussi les critères utilisés par les jurys littéraires pour évaluer l’authenticité d’une œuvre à l’heure des outils génératifs. Qui a raison et qui a tort ? les jours à venir nous édifierons.
