À l’ouverture du Forum régional multipartite de Cotonou, vendredi 16 octobre 2026, Abdoulaye Bio Tchané a souligné la nécessité de préparer les travailleurs africains aux mutations technologiques. À cette occasion, le président du Conseil économique et social (CES) a notamment mis l’accent sur la formation et le développement des compétences face aux transformations des métiers sous l’effet de l’intelligence artificielle et de l’automatisation.
Quels emplois demain et quelles compétences faudra-t-il pour les exercer ? Ces questions prennent une importance particulière à mesure que les outils numériques gagnent du terrain dans les activités économiques. Toutefois, si les nouvelles technologies permettent aux entreprises d’améliorer leur productivité et de développer de nouveaux services, elles changent aussi les profils recherchés et les exigences du marché du travail.
C’est autour de ces préoccupations que s’est tenu le Forum régional multipartite de Cotonou, au Sofitel Cotonou Marina Hotel & Spa autour du thème « Les technologies et l’avenir du travail en Afrique » avec une question de fond : comment profiter des avancées technologiques sans laisser les travailleurs en difficulté face aux changements qu’elles entraînent ? La rencontre organisée par le Conseil national du patronat du Bénin (CNP-Bénin) et l’Organisation internationale des employeurs (OIE), avec le soutien de l’Union européenne rassemble des représentants des pouvoirs publics, des entreprises, des organisations de travailleurs et des partenaires internationaux.
Former aujourd’hui pour les emplois de demain
Pour Abdoulaye Bio Tchané, l’anticipation de ces mutations passe notamment par le développement des compétences. En effet, la jeunesse africaine doit pouvoir accéder à des formations adaptées aux besoins qui émergent, en particulier dans les domaines scientifiques et numériques. Pour les entreprises, cette adaptation représente un enjeu, qui doivent faire évoluer leurs méthodes de travail, mais aussi pour les pouvoirs publics, appelés à accompagner ces changements.
Par ailleurs, le président du CES a souligné l’importance d’associer les femmes, les populations rurales et les petites et moyennes entreprises à la transition numérique. Sans cet effort d’inclusion, une partie des travailleurs et du tissu économique pourrait rester à l’écart des bénéfices attendus.
Trouver un équilibre entre compétitivité et protection sociale
L’adoption de nouvelles technologies ne se résume pas à une question de performance économique. Elle soulève aussi celle des conditions de travail, de la sécurité des emplois et de la protection sociale. Les entreprises ont besoin de rester compétitives, tandis que les travailleurs doivent pouvoir s’adapter sans être abandonnés face aux changements.
Les nouvelles technologies peuvent améliorer les performances des entreprises, mais leurs effets sur les travailleurs ne doivent pas être négligés. Si les entreprises doivent s’adapter pour rester compétitives, les travailleurs ont eux aussi besoin d’un accompagnement, notamment pour préserver leurs emplois et bénéficier d’une protection sociale adaptée aux changements.
C’est pourquoi Abdoulaye Bio Tchané a insisté sur le dialogue entre les pouvoirs publics, les employeurs, les représentants des travailleurs et les universités. Ainsi, ces échanges peuvent permettre de mieux cerner les besoins des entreprises, d’adapter les formations et de trouver des réponses aux difficultés que les nouvelles technologies pourraient entraîner pour les travailleurs.
