La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) a effectué sa rentrée judiciaire ce lundi 12 octobre 2026. Le thème retenu pour cette nouvelle année est : « Humaniser la justice pénale : entre protection des droits humains et efficacité répressive ». Le procureur spécial près la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) a profité de cette occasion pour faire un bilan de l’année écoulée et livrer une analyse sur la détention provisoire. Selon le magistrat, elle ne devrait plus constituer une réponse systématique aux poursuites pénales.
Elonm Mario Mètonou s’est, dans son intervention, attardé sur l’équilibre entre la sanction des infractions et la protection des droits humains. Il n’a pas manqué de répondre aux critiques visant la sévérité du parquet spécial, souvent associé aux lourdes peines d’emprisonnement requises devant la juridiction.
Selon son bilan, 3 849 plaintes et procès-verbaux ont été enregistrés au cours de l’année judiciaire 2025-2026, contre 3 067 lors de l’exercice précédent. Il a notamment reconnu le décalage entre l’image d’une institution jugée excessivement répressive par certains observateurs et le recours croissant des citoyens à ses services.
En effet, le procureur spécial a insisté sur la nécessité de préserver les droits de la défense et la présomption d’innocence. Il a également défendu une utilisation exceptionnelle de la détention provisoire, qui prive une personne de liberté avant qu’une condamnation définitive ne soit prononcée. « Nous devons tenir d’une main de fer le glaive de l’efficacité répressive, tout en élevant de l’autre, comme un sanctuaire inviolable, le bouclier des droits fondamentaux et de la dignité humaine », a-t-il indiqué. « La détention provisoire doit redevenir ce qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être : l’exception ultime », a-t-il ajouté.
Cette position ne signifie pas un renoncement aux poursuites. Mario Mètonou a maintenu la nécessité d’une réponse ferme face aux infractions relevant de la compétence de la CRIET. Il a plutôt défendu une approche qui distingue la rigueur dans l’application de la loi d’une sévérité appliquée sans tenir compte des particularités de chaque affaire. Le procureur spécial a également abordé la question de la proportionnalité des peines. Selon l’orientation exposée dans son discours lors de cette rentrée solennelle, la qualité de la justice ne peut se mesurer uniquement au nombre de condamnations ou à la durée des peines requises.
