La deuxième édition du PAC Media Connect s’est tenue en ce début du mois d’octobre 2026 à Cotonou, avec un focus sur les travaux d’extension, la digitalisation et la croissance du trafic du Port autonome de Cotonou (PAC). La rencontre a réuni les responsables de la plateforme portuaire et plusieurs professionnels des médias autour des principales évolutions enregistrées au cours des derniers mois.
Lancé par Charles-Bennett Fayomi, directeur des opérations et de la sécurité portuaires, le rendez-vous a permis aux responsables techniques et commerciaux du PAC de présenter plusieurs projets. « Un grand port ne se bâtit pas dans le secret, il s’explique, se partage et se donne à voir », a déclaré le responsable, représentant le directeur général du PAC.
Des infrastructures adaptées à la hausse du trafic
Les travaux occupent une place importante dans le programme de modernisation présenté aux journalistes. Selon Adamo Esposito, directeur des Infrastructures, l’extension du terminal 5 et du bassin portuaire doit connaître une livraison partielle avant la fin de l’année. Le parking de Zongo est déjà opérationnel pour réduire la pression sur les accès au port.
Le projet de port de pêche doit entrer dans une nouvelle phase avec le démarrage des travaux maritimes annoncé pour décembre. Un centre d’affaires maritimes est également en construction.
Cette évolution intervient après une forte progression de l’activité. En 2025, le PAC a traité environ 14,7 millions de tonnes de marchandises, contre 9,6 millions en 2024, soit une hausse de 52 %, selon les données du Port autonome de Cotonou reprises par La Nation. Le nombre de navires accueillis est passé de 725 à 841 sur la même période.
Créé en 1964 et inauguré en 1965, le port de Cotonou a célébré ses 60 ans en 2025. Il constitue depuis plusieurs décennies une infrastructure majeure pour les échanges commerciaux du Bénin.
Le numérique pour réguler les flux de camions
La digitalisation constitue l’autre axe présenté durant cette rencontre. Boris Sehlouan, chef du Département des systèmes d’information, a détaillé le fonctionnement prévu du SIGOP, le Système intégré de gestion des opérations portuaires.
Le dispositif doit permettre de programmer les passages des camions à partir des créneaux effectivement confirmés par les terminaux. L’objectif est de mieux répartir les arrivées et de réduire les regroupements de véhicules sur certaines périodes.
Le portail e-Port doit compléter ce dispositif en regroupant plusieurs services et informations destinés aux acteurs de la communauté portuaire. Le PAC prévoit aussi un second centre de données pour renforcer la continuité de ses opérations en cas d’incident.
Un module terrestre du nouveau dispositif numérique doit être testé à partir de novembre 2026, avant une mise en production annoncée pour mars 2027. Le port prévoit également le déploiement progressif de portiques automatisés utilisant des tags RFID pour identifier les camions et contrôler leurs rendez-vous.
Une activité portuaire toujours en progression
Les premiers chiffres de 2026 présentés lors du PAC Media Connect prolongent la tendance observée l’année précédente. À fin août, les tonnages importés avaient progressé de 32 % par rapport à la même période de 2025.
Cette hausse intervient alors que plusieurs chantiers restent en cours. La direction du PAC reconnaît que la progression des volumes et les travaux peuvent provoquer des ralentissements temporaires dans la circulation des camions. Les responsables portuaires misent donc sur l’achèvement des infrastructures et la généralisation des outils numériques pour améliorer la fluidité des opérations.