Une « formation civique et citoyenne » dispensée dans un camp militaire : c’est la méthode employée par les autorités burkinabè pour ramener dans le giron républicain de jeunes fidèles sunnites. Au terme de quatre mois d’encadrement mêlant discipline militaire et enseignement des valeurs civiques, une centaine de partisans du prédicateur Mohamad Ishaq Kindo ont retrouvé leurs familles le dimanche 4 octobre 2026.
Cette méthode intervient dans le cadre d’une législation récente. L’Assemblée législative du peuple (ALP) a adopté à l’unanimité, le 20 juin, la loi sur les libertés religieuses. Le texte interdit tout acte d’extrémisme, de radicalisation et d’incitation à la haine fondée sur la religion. Il vise à lutter contre la radicalisation tout en garantissant la liberté de culte.
Quatre mois de formation en camp militaire
Les bénéficiaires avaient été arrêtés fin mai pour avoir pris part à une manifestation « non autorisée » à Ouagadougou, organisée après l’arrestation de l’imam. Plutôt que de les laisser en détention classique, les autorités les ont envoyés en formation militaire et civique. Les images partagées montrent plusieurs personnes, crâne rasé, en tenue de formation de la police nationale burkinabè, dans un climat apaisé malgré la fatigue sur certains visages. La méthode comprend trois étapes : la discipline dans un camp, des cours sur le civisme et la citoyenneté et le retour dans la communauté. Les autorités n’ont pas donné de détails sur le contenu du programme.
