Coton : le Mali veut miser sur la transformation locale pour créer plus de valeur

Le Mali veut transformer localement au moins 10 % de sa production de coton fibre. Présentée à New York, cette ambition s’inscrit dans une dynamique observée dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, où la transformation textile prend progressivement place dans les stratégies industrielles.

Le Mali veut tirer davantage de revenus de son coton. Le représentant permanent du pays auprès des Nations Unies, Issa Konfourou, a présenté un objectif de transformation locale d’au moins 10 % de la production nationale de coton fibre lors d’une rencontre organisée à New York avec la mission permanente de l’Inde.

La rencontre, coorganisée avec le diplomate indien Harish Parvathaneni, a réuni des représentants de pays producteurs et industrialisés. Concrètement, les échanges ont notamment porté sur les investissements, les partenariats et les moyens d’accroître les revenus tirés de cette matière première. Cependant, le calendrier de mise en œuvre de l’objectif malien et les modalités de son financement n’ont pas encore été précisés.

Selon l’Organisation mondiale du commerce (OMC), environ 98 % du coton d’Afrique de l’Ouest et du Centre est encore exporté sous forme de fibre brute. Ainsi, une grande partie de la transformation industrielle échappe aux pays producteurs, qui cherchent à développer davantage d’activités sur leur territoire.

Concrètement, le Bénin a engagé cette évolution à travers la zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ), où des unités transforment le coton en vêtements. Au Burkina Faso, le complexe textile TEXFORCES-BF, inauguré en septembre 2026 à Bobo-Dioulasso, doit notamment produire des uniformes pour les forces de défense et de sécurité ainsi que des vêtements civils.

Pour cela, le Mali entend lui aussi développer cette filière. Le projet SOTEX-Mali doit contribuer à structurer une industrie textile nationale. L’objectif est de dépasser la seule production de coton pour développer des activités de filature, de tissage et de confection, susceptibles de générer davantage de valeur ajoutée et d’emplois.

Cette orientation rejoint les préoccupations du groupe Coton-4, composé du Mali, du Bénin, du Burkina Faso et du Tchad, créé dans le cadre de l’OMC pour défendre les intérêts des producteurs africains. La Côte d’Ivoire s’est également associée à cette dynamique au sein du C-4+.

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