Diesel russe : en traitant avec Poutine, Trump laisse l'Europe seule

Les États-Unis ont assoupli vendredi 9 octobre 2026, pour six mois, leurs sanctions sur le diesel russe. Le Trésor américain a émis une licence temporaire le jour même d’un entretien téléphonique entre le président Donald Trump et son homologue russe Vladimir Poutine, qui a duré une heure et demie selon le Kremlin. À Bruxelles, le diesel russe reste interdit dans l’Union européenne depuis février 2023, et rien n’annonce à ce stade un changement de ccap.

Des volumes annoncés par Trump, une livraison à vérifier

Donald Trump a détaillé l’accord sur son réseau Truth Social, comme le rapporte Al Jazeera. « J’ai conclu à l’instant une discussion très fructueuse avec le président Vladimir Poutine », a-t-il écrit. La Russie fournirait immédiatement plus de 300 000 tonnes de diesel, puis 500 000 tonnes en novembre et un million de tonnes juste après. Trois millions de tonnes supplémentaires suivraient, selon l’état des raffineries russes. Le président américain promet des prix « en baisse, avec des chiffres records, et rapidement », à quelques semaines des élections de mi-mandat.

Le Kremlin a confirmé la disposition de Moscou à approvisionner les marchés américain et mondial en pétrole et en produits pétroliers. Vladimir Poutine s’est dit convaincu que l’accord aurait « un impact positif sur l’économie mondiale dans son ensemble ». L’émissaire russe Kirill Dmitriev a écrit que « la coopération énergétique et économique russo-américaine se poursuivra ».

Les chiffres restent toutefois à confirmer. La Russie a suspendu ses exportations de diesel en juillet, après les frappes ukrainiennes sur ses raffineries. L’analyste américain Andy Lipow juge les premières quantités « assez faibles » au regard du marché mondial.

Un embargo européen en vigueur depuis février 2023

L’Union européenne a interdit les produits pétroliers raffinés russes le 5 février 2023, un an après le début de l’invasion de l’Ukraine. Il faut dire que la Russie couvrait alors jusqu’à 10 % des besoins européens en diesel, désormais comblés par des cargaisons venues des États-Unis, du Moyen-Orient et d’Inde.

Après une précédente annonce de Donald Trump sur la suspension de certaines sanctions pétrolières, le commissaire européen Valdis Dombrovskis avait plaidé pour « exercer une pression maximale sur la Russie ». Il avait jugé qu’un assouplissement serait « autodestructeur ».

Washington demande aussi des stocks à l’Europe

Selon Al Jazeera, l’administration américaine a de son côté demandé aux Européens de libérer leurs réserves d’urgence de diesel, ce qui a donné lieu à une réunion d’urgence entre responsables de l’Union. Les États-Unis allègent donc leurs propres restrictions sur le carburant russe tout en sollicitant les stocks européens.

Aucune réaction officielle de l’Union européenne à l’annonce du 9 octobre n’a été relevée à ce jour.

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