Le président américain Donald Trump a pointé du doigt ce lundi 12 octobre les achats d’énergie russe de l’Union européenne pour défendre son accord russe sur le diesel. « L’Union européenne a payé 250 milliards de dollars à la Russie pour l’énergie, et les médias de fausses informations ne veulent pas s’approcher de cette histoire. J’ai fait le bon choix pour le peuple américain — TOUJOURS, L’AMÉRIQUE D’ABORD ! », a-t-il déclaré.
Ce que l’Europe achète encore à la Russie
Avant la guerre en Ukraine, le gaz russe représentait 45 % des importations gazières de l’Union. Mais cette part est tombée à 12 % en 2025, indique la Commission européenne. Le Centre de recherche sur l’énergie et l’air pur (CREA) avait chiffré, en 2025, à 205,7 milliards d’euros les paiements européens à la Russie pour l’énergie depuis février 2022. Contre toute attente, les volumes ont même progressé début 2026.
Hormis le secteur énergétique, il faut preciser que la coopération touche aussi le nucléaire. En effet, le groupe d’enrichissement européen Urenco a repris en 2019 l’envoi d’uranium appauvri depuis son site de Gronau, en Allemagne, vers la Russie, après dix ans d’interruption. C’est dans ce paysage énergétique que Washington a ouvert, la semaine dernière, son marché au carburant russe.
L’accord sur le diesel et ses critiques
Trump a annoncé l’accord vendredi 9 octobre, à l’issue d’un entretien avec Vladimir Poutine. « La Russie fournira immédiatement plus de 300 000 tonnes de diesel au marché américain et mondial, 500 000 tonnes supplémentaires durant le mois de novembre, puis 1 000 000 de tonnes aussitôt après », a-t-il écrit, selon Al Jazeera. Le Département du Trésor a suspendu jusqu’en avril 2027, par une licence générale, les sanctions visant ces cargaisons.
Six sénateurs, dont quatre républicains, ont demandé dimanche à l’administration de « faire immédiatement marche arrière » et lui ont reproché de ne pas avoir consulté le Congrès. Le sénateur Lindsey Graham a défendu l’accord lors d’un entretien télévisé. Il a jugé « hypocrites » les critiques européennes, parce que l’Europe « ne peut pas se sevrer de l’énergie russe ».
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a qualifié l’accord de « décision faible d’un partenaire fort » qui apporte « de l’argent supplémentaire pour cette guerre ». Trump a ensuite affirmé que Moscou et Kiev avaient accepté dimanche un cessez-le-feu énergétique « avec effet immédiat ». Lundi, Zelensky a dénoncé des frappes russes nocturnes contre des installations énergétiques.
