Interpellé le 1er octobre 2026 à Saint-Denis, en France, alors qu’il était sous contrôle judiciaire, Ritchy Thibault fait face à trois rendez-vous devant la justice en sept mois. Ce militant de 23 ans, ancien collaborateur de la députée La France insoumise Ersilia Soudais, est attendu à une audience lundi 5 octobre à 13h, selon son avocat. Le tribunal de Paris doit rendre le lendemain sa décision dans une autre affaire.
Pendant les blocages de lycéens, une vidéo le montre lançant : « Le 17 octobre, ça va être mille fois pire que les Gilets jaunes », puis « On va former des barricades. On va mettre le feu à l’Élysée. On va faire la révolution. » Des policiers en civil l’ont interpellé quelques minutes plus tard. Son avocat, Me Henri Braun, a dénoncé sur X un « kidnapping en pleine rue à Saint-Denis », par des agents « sans aucun signe distinctif », et des « méthodes dignes d’un État policier qui veut museler les opposants ».
Les poursuites visent trois infractions : « provocation non suivie d’effet au crime ou délit par parole, écrit ou voie électronique », « participation à un groupement formé en vue de la préparation de violences contre les personnes ou les biens » et « outrage ». Dans la foulée, Me Braun a annoncé le placement en détention provisoire de son client et prévoit de demander le renvoi de l’audience de lundi pour préparer la défense. En conséquence ce report pourrait prolonger de plusieurs semaines son séjour à la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis. Cette mesure ne vaut pas condamnation : Ritchy Thibault reste présumé innocent.
Une décision à Paris le 6 octobre, deux affaires renvoyées à mai 2027
Le lendemain de l’audience, le tribunal de Paris doit rendre sa décision dans l’affaire des propos adressés à Emmanuel Macron au Salon de l’agriculture, le 24 février 2024. Ritchy Thibault avait alors crié au chef de l’État : « L’éborgneur ! N’oublie jamais que nous sommes dans le pays de la Révolution française ». Pour le parquet, ces propos constituent une menace de mort, une qualification que sa défense conteste.
Le procès s’est tenu le 8 septembre, sans le prévenu, expulsé de la salle après plusieurs incidents. Il s’est poursuivi à huis clos et sans ses avocats, selon Actu-Juridique. Le tribunal a renvoyé deux autres affaires le concernant au 18 mai 2027, ce qui fixe la dernière échéance connue de son calendrier judiciaire. En octobre 2024, la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, lui avait interdit l’accès au Palais-Bourbon, estimant que sa présence ne permettait plus de garantir la sécurité de l’institution.
