Barack Obama a évoqué mardi 13 octobre 2026, à Belfast en Irlande du Nord, les terres prises aux Palestiniens lors de la création d’Israël. « Ce qui est également indéniable, c’est qu’ils ont pris des terres à des gens et qu’ils ont été excessifs », a lancé l’ancien président américain devant l’assemblée. Rappelons que le sujet l’avait déjà opposé aux dirigeants israéliens pendant ses deux mandats, de 2009 à 2017.
Un entretien tenu le jour d’un doctorat honoris causa
Le même jour, Barack Obama a reçu un doctorat honoris causa de Queen’s University Belfast. Avant le passage sur les terres, il a rappelé que « le peuple juif avait été opprimé, discriminé et tué pendant des millénaires, et que l’Europe en portait une grande part de responsabilité ». Il a ajouté que « les Juifs avaient légitimement cherché un refuge les habitants dépossédés avaient jugé la situation injuste et réclamé leur terre ». Il a aussi dit que les sept millions de Juifs d’Israël et les sept millions de Palestiniens de la région « ne vont nulle part ».
Gel des colonies, accord iranien et résolution 2334
Pour rappel, ces propos reprennent un thème qui a rythmé les relations entre Barack Obama et Israël. Et pour cause, dès son arrivée à la Maison-Blanche, il avait réclamé un gel de la construction dans les colonies comme condition à la reprise des pourparlers avec les Palestiniens.
Le désaccord s’est durci avec le dossier nucléaire iranien. En mars 2015, le Premier ministre Benjamin Nétanyahou a pris la parole devant le Congrès américain pour combattre l’accord en préparation avec l’Iran, dans un discours que la Maison-Blanche n’avait pas coordonné. Malgré tout, l’accord a été conclu en juillet 2015 et le chef du gouvernement israélien l’a immédiatement condamné.
La rupture la plus visible date du 23 décembre 2016. Les États-Unis se sont abstenus au Conseil de sécurité de l’ONU, ce qui a permis l’adoption de la résolution 2334 par 14 voix contre zéro. Le texte exigeait l’arrêt de la construction dans les territoires conquis en 1967. Furieux, Benjamin Nétanyahou a affirmé que l’administration américaine avait lancé et soutenu la résolution, ce que Washington avait démenti.
Dans les coulisses, Barack Obama a ensuite déclaré que le Premier ministre israélien s’était déjà « emporté » plusieurs fois pendant sa présidence, au sujet de l’accord iranien et des colonies. Toutefois, les deux gouvernements ont pourtant signé en septembre 2016 un accord d’assistance militaire de 38 milliards de dollars sur dix ans, la plus importante aide de ce type accordée par les États-Unis à un pays.
Ce que l’ancien président a dit sur Gaza
Notons aussi que l’entretien de Belfast a porté sur la situation actuelle. Selon la presse irlandaise, Barack Obama s’est dit moins optimiste qu’avant à court terme. Il a cité la « montée des forces de droite en Israël, le mouvement des colons, la modification constante des faits en Cisjordanie et les souffrances à Gaza ». Il a estimé « qu’un arrêt réel des violences et un soulagement pour la population de Gaza devaient précéder toute discussion sur une paix durable ».
