L'Algérie va déployer des soldats au Niger après un vote unanime du Sénat

Une unité de l’Armée nationale populaire (ANP) va bientôt partir au Niger. En effet, ce dimanche 25 octobre 2026, la chambre haute du Parlement de l’Algérie, a voté à l’unanimité en faveur de cet envoi, décidé par le président Abdelmadjid Tebboune.

Pour l’heure, les autorités n’ont communiqué ni le nombre de soldats ni la durée du déploiement. Mais selon des parlementaires cités par la presse algérienne et repris par l’agence Anadolu, le détachement serait chargé de protéger des projets pétroliers de la Sonatrach au Niger. Il faut rappeler que la compagnie publique algérienne explore depuis plusieurs années le bloc de Kafra, dans le nord du pays.

La décision repose aussi sur un protocole de coopération militaire signé à Alger par le chef d’état-major de l’ANP, le général d’armée Saïd Chanegriha, et le ministre nigérien de la Défense, le général Salifou Mody. Et pour cause, ce texte prévoit des échanges dans la lutte antiterroriste, un renforcement de la sécurité le long de la frontière commune et un appui aux capacités opérationnelles de l’armée nigérienne.

Pour rappel, c’est l’article 91 de la Constitution, révisée par référendum le 1er novembre 2020, qui permet ce déploiement, et il autorise le chef de l’État à envoyer des unités de l’armée hors du territoire, à condition d’obtenir l’accord des deux tiers des membres de chaque chambre. Jusqu’à cette révision, la doctrine officielle d’Alger reposait sur la non-intervention militaire à l’étranger.

Des Su-30 à Niamey après la mutinerie

Le 9 août dernier, Alger a ainsi remis aux forces nigériennes quatre hélicoptères, deux Mi-171 et deux Mi-24. Contre toute attention, dans la nuit du 28 au 29 août, des soldats se sont mutinés à Niamey et ont ouvert le feu près de l’aéroport et du palais présidentiel. Dès le 30 août, quatre chasseurs Sukhoï Su-30 et un avion ravitailleur algériens se sont posés dans la capitale nigérienne. Dans la foulée, le ministère algérien de la Défense a alors parlé d’une « tentative de déstabilisation du pays » et a précisé que l’envoi répondait à une demande des autorités nigériennes.

Interrogé début octobre par la presse nationale, Tebboune a expliqué avoir voulu soutenir les autorités du Niger. Il a aussi vu une « tentative de provocation » dans le moment choisi par les mutins, qui ont agi alors que le Premier ministre nigérien, Ali Mahaman Lamine Zeine, se trouvait en Algérie.

Une crise avec l’AES encore récente

Ce rapprochement survient un an et demi après la crise entre Alger et l’Alliance des États du Sahel (AES), qui regroupe le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Dans la nuit du 31 mars au 1er avril 2025, l’armée algérienne a abattu un drone malien près de Tinzaouatène, à la frontière entre les deux pays. Alger a affirmé que l’appareil avait violé son espace aérien, et Bamako l’a contesté. Les trois pays de l’AES ont ensuite rappelé leurs ambassadeurs en Algérie. Alger a pris la même mesure et a fermé son espace aérien aux vols en provenance ou à destination du Mali.

Les relations avec Niamey se sont améliorées en février 2026, lors de la visite à Alger du général Abdourahamane Tiani, président de la transition au Niger. Les deux gouvernements ont alors décidé de relancer leurs mécanismes communs de contrôle des frontières.

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