L'Égypte s'engage auprès de l'Arabie saoudite contre les Houthis, mais Sissi pose une condition

Le Caire a choisi son camp. Dimanche 18 octobre 2026, le Conseil national de défense égyptien, réuni au Caire sous la présidence d’Abdel Fattah al-Sissi, a décidé d’apporter à l’Arabie saoudite « toutes les formes de soutien nécessaires et possibles » face aux attaques des Houthis du Yémen. Selon la présidence égyptienne, citée par Al Jazeera, l’instance a déclaré sa « pleine solidarité » avec Riyad et affirmé que « la sécurité saoudienne, égyptienne et arabe est étroitement liée ». Mais l’engagement est encadré : « Nous parlons uniquement de défense », a martelé Sissi la veille. L’aide ne se déclenchera donc que si le royaume la réclame.

Des attaques qui s’accumulent contre le royaume

La pression sur Riyad explique cette réaction rapide. Selon la coalition dirigée par l’Arabie saoudite, plus de 19 personnes sont mortes et 364 ont été blessées ce mois-ci dans des frappes répétées contre des aéroports du royaume. Les combats ont d’ailleurs repris au Yémen après l’effondrement d’une trêve. Le Conseil égyptien a donc aussi décidé de poursuivre et d’intensifier « les efforts politiques et diplomatiques » pour apaiser la région.

Son communiqué ne parle pourtant pas d’envoi de soldats. La Constitution égyptienne fixe d’ailleurs le cadre : en vertu de l’article 152, le chef de l’État ne peut pas envoyer l’armée combattre à l’étranger sans avoir consulté ce Conseil. Le Parlement devait, lui, tenir une session d’urgence à 13 h (10 h GMT) pour voter l’autorisation demandée par le président. Son résultat n’était pas connu au moment de la rédaction de cet article.

Une ligne déjà posée en septembre

Cette décision prolonge un rapprochement visible depuis plusieurs semaines. Le prince héritier Mohammed ben Salmane s’était rendu au Caire le 15 septembre, au moment où la guerre repartait au Yémen. La présidence égyptienne avait alors assuré que « la sécurité de l’Arabie saoudite et des pays du Golfe fait partie intégrante de la sécurité nationale de l’Égypte ».

En effet, Sissi a répété samedi 17 octobre qu’il suivrait les orientations du roi Salmane et de son fils, tout en précisant que l’Égypte n’attaquerait personne. Il a aussi exprimé l’espoir d’une fin des combats dans le Golfe. Le soutien égyptien est donc acquis sur le principe, mais pas encore sur le terrain. Il dépend d’une demande de Riyad et du vote des députés, et il reste limité à la défense du royaume.

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