Aucune demande de Riyad ne restera sans réponse au Caire dans le conflit qui l’oppose aux Houthis, a affirmé mardi 13 octobre 2026 le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty. Interrogé par la chaîne Bloomberg à Bangkok, en marge des assemblées annuelles du Fonds monétaire international, sur un éventuel appui militaire à l’Arabie saoudite, il a répondu : « Quoi que demandent les Saoudiens, nous répondrons, bien sûr ». Cette prise de position intervient après une série de frappes de la rébellion yéménite sur des aéroports et d’autres installations du royaume. Le ministre a ajouté : « Sans aucune réserve, nous fournissons toute forme de soutien ».
Rappelons que le 8 septembre, des missiles et des drones houthis ont touché plusieurs villes dont Abha, et Khamis Mushait dans le sud du royaume. Les autorités saoudiennes ont fait état de 73 civils blessés, et des dégâts sur plusieurs sites. Le 15 septembre, une nouvelle salve de missiles balistiques et de drones a visé la base aérienne King Khalid, près de Khamis Mushait, et blessé 13 civils.
Une ligne de soutien affichée depuis plusieurs semaines
De son côté, le ministère égyptien des Affaires étrangères a condamné chacune de ces attaques. En effet, il a répété que la sécurité de l’Arabie saoudite et celle de l’Égypte étaient indissociables. Pour rappel, le 15 septembre, le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane s’est rendu au Caire pour un entretien avec le président Abdel Fattah al-Sissi, suivi de discussions entre les délégations des deux pays.
Il faut dire que le Caire a aussi un intérêt économique direct dans la sécurité de la mer Rouge. Et pour cause, les recettes du canal de Suez, passage vers lequel convergent les routes maritimes venant de Bab el-Mandeb, ont chuté depuis fin 2023 avec les attaques contre le trafic commercial dans la zone.
Un précédent militaire égyptien au Yémen
L’Égypte a déjà engagé ses forces dans ce pays. Entre 1962 et 1967, sous la présidence de Gamal Abdel Nasser, elle a déployé jusqu’à 70 000 soldats pour soutenir les républicains yéménites contre les royalistes appuyés par Riyad. En mars 2015, l’Égypte avait rejoint la coalition conduite par l’Arabie saoudite contre les Houthis en annonçant l’engagement de ses forces navales et aériennes, sans déploiement terrestre à l’époque.
