Le Trésor américain a sanctionné jeudi 1er octobre le réseau russe A7, qu’il accuse d’aider l’Iran à contourner les sanctions. Les Etats-Unis interdissent toute transaction avec la plateforme et ses sous-agents, et la classe comme « organisation criminelle transnationale significative ». La décision concerne tout le réseau alors que certaines de ses entités faisaient déjà l’objet de sanctions depuis août 2025.
Cette décision reflète un durcissement de Washington envers tout acteur lié à Téhéran. Le 24 août, le secrétaire au Trésor Scott Bessent a lancé l’« opération Economic Outcast », une campagne présentée comme une « économie D-Day ». Elle vise cinq secteurs stratégiques pour l’Iran et une soixantaine d’entités, de personnes et de navires ont été sanctionnés, notamment des sociétés de Hong Kong et de Chine. Washington a aussi menacé de représailles économiques tout gouvernement ou entreprise qui offrirait à l’Iran une « bouée de sauvetage ». Le Trésor a aussi frappé les secteurs automobile, ferroviaire et sidérurgique iraniens.
Un réseau de sociétés écrans et de cryptomonnaie
Selon le Trésor américain, A7 a bâti un réseau de sociétés écrans et de sous-agents dans des pays tiers. Son directeur Ilan Shor a été condamné et déjà sanctionné, avec la banque d’État russe Promsvyazbank. Il aidait des entités russes à échapper aux sanctions depuis 2024 selon Washington. Les mêmes circuits auraient par la suite servi la banque centrale iranienne, les Gardiens de la révolution et des groupes soutenus par Téhéran, pour des ventes de pétrole et des achats d’armes. Le mécanisme s’appuie sur A7A5, un jeton numérique dont la valeur est liée au rouble. Le réseau de paiement russe A7 a rejeté toute implication avec l’Iran ou avec des organisations terroristes, affirmant que ses services sont destinés aux transactions légales sur le marché russe.
