L’Iran reproche à la France les méthodes qu’elle condamne chez lui. Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a dénoncé vendredi 2 octobre 2026 le traitement réservé par les forces de l’ordre françaises aux lycéens mobilisés dans le pays, et réclamé l’ouverture d’une enquête. Selon le ministère français de l’Intérieur, 1 949 personnes ont été interpellées le 1er octobre et 305 policiers et gendarmes ont été blessés. Parti des lycées de la région parisienne, le mouvement a gagné l’ensemble du territoire et survient alors que les relations entre Téhéran et Paris sont déjà très tendues.
Le porte-parole a opposé le discours de Paris sur l’Iran à sa gestion des cortèges lycéens. « Les responsables français, qui qualifient de violations des droits humains l’action des forces iraniennes contre des terroristes armés formés par le régime sioniste, ne tolèrent eux-mêmes pas le moindre acte de violence contre la police lors de rassemblements pacifiques et répriment les manifestants avec la plus extrême sévérité », a déclaré Esmaïl Baghaï. Téhéran désigne ainsi les opérations de ses forces de sécurité contre des groupes armés qu’il accuse d’être entraînés par Israël.
Une enquête réclamée, des manifestants appelés à la retenue
Le diplomate s’appuie sur des informations publiées par des agences de presse françaises, qui évoquent plus de 2 000 manifestants interpellés puis frappés par la police, rapporte l’agence Mehr. Il demande qu’une enquête examine ces accusations de violences excessives. Il appelle aussi ceux dont les déclarations sur les droits humains « assourdissent le monde entier » à respecter ces mêmes principes face aux élèves et aux étudiants.
Esmaïl Baghaï a également invité les manifestants à renoncer à la violence, à ne pas dégrader de biens publics ou privés et à ne pas s’en prendre aux forces de l’ordre. Côté français, le ministère de l’Intérieur indique qu’une part importante des personnes interpellées sont soupçonnées de violences contre les policiers et les gendarmes.
Les deux capitales traversent une période de forte crispation. La France a convoqué le chargé d’affaires iranien le 21 juillet, après la détention et une agression présumée de deux employés de son ambassade à Téhéran. Ce n’est pas la première fois que la diplomatie iranienne vise la police française : en mars 2023, son ancien porte-parole Nasser Kanaani avait dénoncé ses méthodes pendant les manifestations contre la réforme des retraites.
