L’Éthiopie et l’Érythrée, réconciliées en 2018 après deux décennies d’hostilité, sont de nouveau au bord de la rupture, et l’Union africaine intervient. En effet, sa Commission a appelé jeudi 1er octobre les deux pays, ainsi que l’Égypte, à la retenue dans un communiqué publié sur ses réseaux. « La Commission de l’Union africaine suit de près et avec inquiétude la montée des tensions entre l’Éthiopie, l’Érythrée et l’Égypte. » peut-on lire dans le communiqué
Le texte tombe le jour où Addis-Abeba a annoncé la fermeture de son ambassade à Asmara et déclaré persona non grata dix diplomates érythréens, qui disposent de 48 heures pour quitter le pays. En guise de riposte, l’Érythrée a répondu qu’elle rompait ses relations diplomatiques avec l’Éthiopie, selon Radio Tamazuj. Cette escalade survient après des mois de défiance entre les capitales de la Corne de l’Afrique.
Une demande de retenue et de dialogue
Dans le passage central du communiqué, la Commission s’adresse directement aux trois gouvernements : « La Commission appelle les trois États membres à faire preuve de la plus grande retenue et à s’abstenir de toute action ou déclaration susceptible d’aggraver encore les tensions et de fragiliser la paix et la stabilité régionales. »
Elle poursuit en plaidant pour le maintien du contact entre les parties : « La Commission souligne en outre l’importance de préserver les canaux de communication et exhorte les trois pays à régler leurs différends par les voies diplomatiques établies et le dialogue pacifique, conformément aux principes de l’Acte constitutif de l’Union africaine. »
Toutefois il convient de préciser que l’institution ne désigne aucun responsable et ne cite aucun incident précis dans la partie du texte consultée.
Rappelons que les relations entre l’Éthiopie et l’Érythrée ont longtemps été hostiles. Les deux pays se sont affrontés lors d’une guerre frontalière entre 1998 et 2000. En fin de compte, le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed et le président érythréen Issayas Afeworki avaient scellé la paix en 2018, un rapprochement salué à l’époque par l’Union africaine.
Mais contre toute attente, la situation s’est dégradée ces dernières années. En effet, l’Éthiopie, pays enclavé, affiche son ambition d’obtenir un accès à la mer Rouge, ce qui inquiète Asmara. En octobre 2024, l’Érythrée, l’Égypte et la Somalie ont conclu un accord de sécurité tripartite. Par ailleurs, l’Éthiopie est en conflit avec l’Égypte au sujet de l’exploitation des eaux du Nil.
Addis-Abeba accuse l’Érythrée, le Soudan et l’Égypte de soutenir une alliance d’opposition impliquée dans les combats sur son territoire, d’après Radio Tamazuj. Ces accusations émanent des autorités éthiopiennes et ne sont pas établies de manière indépendante.
