Macky Sall à l'ONU: Diomaye Faye porte-bonheur ou boulet ?

Cinq voix favorables sur quinze : c’est le score de Macky Sall au dernier vote indicatif du Conseil de sécurité, le 29 septembre, soit cinq jours après le plaidoyer du président sénégalais Bassirou Diomaye Faye à la tribune de l’ONU, à New York. Selon des sources diplomatiques, l’ancien chef de l’État sénégalais a aussi recueilli neuf avis défavorables et un sans opinion, un résultat identique à celui du 18 septembre. Finalement l’on se demande si le soutien officiel de Dakar, acté le 20 juillet, l’aide vraiment dans la course à la succession d’António Guterres, ou le fragilise ? La question se pose d’autant plus que ce rapprochement est improbable : en mai, Faye affirmait n’avoir été « ni prévenu, ni impliqué » dans cette candidature.

Rappelons que la candidature de Macky Sall a été présentée le 2 mars par le Burundi, seul parrain à ce moment-là. Et pour cause, le Sénégal d’alors de Diomaye Faye et Ousmane Sonko comme premier ministre ne s’était pas joint à cette démarche. Après le limogeage d’Ousmane Sonko et une audience au palais présidentiel le 17 juillet, Faye a annoncé trois jours plus tard l’appui du pays et chargé la diplomatie de promouvoir le dossier.

Le premier vote indicatif, le 30 juillet, a donné six voix favorables, sept défavorables et deux sans opinion, ce qui plaçait Macky Sall cinquième sur sept candidats. Le deuxième a reproduit ce score, puis le troisième et le quatrième l’ont ramené à cinq voix favorables. Or pour être recommandé à l’Assemblée générale, un candidat doit réunir au moins neuf voix sans veto d’un membre permanent. Le vote étant secret, rien ne permet de savoir si les avis défavorables viennent des cinq membres permanents.

Devant l’Assemblée générale, le 24 septembre, Diomaye Faye a demandé aux États membres de soutenir son prédécesseur.« Qui de mieux que Macky Sall pour défendre la place de l’Afrique à l’ONU ? », avait-il lancé lors d’une interview.

Une course dominée par d’autres candidats

La Costaricienne Rebeca Grynspan domine le quatrième vote avec dix voix favorables, trois défavorables et deux sans opinion. La Guyanienne Carolyn Rodrigues-Birkett et l’Argentin Rafael Grossi en comptent huit chacun. L’Ougandais Olara Otunnu, deuxième candidat africain, est au même niveau que Macky Sall avec cinq voix. Sept candidats restent en lice depuis le retrait de la Chilienne Michelle Bachelet.

Notons toutefois que le soutien affiché par Diomaye Faye a un prix sur la scène intérieure. Et comme pour le confirmer, le 25 septembre, trois associations de victimes des violences politiques de 2021 à 2024 ont exprimé leur « malaise » et demandé de ne pas effacer la mémoire nationale.

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