Sécurité routière : Le Bénin bientôt doté d’un nouveau code de la route

Le Bénin s’apprête à tourner définitivement la page d’un cadre réglementaire vieux de soixante-dix ans. À l’ouverture de la deuxième session ordinaire de l’année de l’Assemblée nationale ce mercredi 21 octobre 2026, le président de l’institution, Joseph Fifamin Djogbénou, a officiellement inscrit à l’agenda parlementaire l’examen du projet de loi portant nouveau Code de la route. Cette initiative législative vise à remplacer l’arrêté général de 1956, devenu totalement obsolète face à l’évolution rapide du trafic, de la démographie et des infrastructures routières du pays.

La démarche s’inscrit dans la droite ligne de la « décolonisation législative » voulue par le Parlement depuis plusieurs législatures, après la modernisation des codes de procédure pénale, civile et du droit pénal. En prélude à cet examen crucial, les députés ont pris part, le mardi 20 octobre à Grand-Popo (Agoué), à un séminaire d’imprégnation et d’appropriation du texte. Cette rencontre préparatoire a rassemblé des membres du gouvernement, des parlementaires ainsi que des experts du Centre national de sécurité routière (CNSR).

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Des innovations majeures pour enrayer l’insécurité routière

L’urgence de cette réforme est dictée par un bilan humain alarmant : les accidents de la circulation continuent de faucher des milliers de vies, causant près de 3 200 décès chaque année sur les routes béninoises. Présenté par le ministre du Cadre de vie et des Transports, Georges Alé, le nouveau texte introduit des dispositifs de sécurité inédits et rigoureux pour mieux encadrer la mobilité. Parmi les avancées phares figurent l’instauration d’un seuil légal d’alcoolémie, l’obligation stricte du port du casque et de la ceinture de sécurité, ainsi que la répression spécifique de la conduite sous l’influence de stupéfiants et des grands excès de vitesse.

Le projet intègre également des exigences modernes de protection, telles que l’obligation de dispositifs de retenue pour enfants, l’introduction de l’éducation routière en milieu scolaire, et un net durcissement des sanctions pénales à l’encontre des auteurs de délits de fuite et de refus d’obtempérer.

Entre fermeté législative et impératif pédagogique

Si l’ensemble de la représentation nationale s’accorde sur la nécessité absolue de cet « instrument formidable pour sauver des vies », les débats en commission soulignent la complexité de son application future. Intervenant lors des travaux préparatoires, l’honorable Louis Dèhoumon Koukpémédji a plaidé pour un subtil équilibre entre la rigueur de la loi et la juste proportionnalité des sanctions. Tout en saluant une réforme vitale, le député a exprimé des réserves sur la sévérité excessive de certaines peines par renvoi au code pénal, appelant à ne pas fragiliser les citoyens et les artisans transporteurs confrontés à des difficultés administratives, notamment lors des visites techniques au CNSR.

L’élu a également insisté sur l’efficacité de la régulation policière, estimant que la Police républicaine doit privilégier la sécurité active des usagers et une approche préventive plutôt qu’une répression agressive. Pour les parlementaires, la peur de la gendarmerie ne suffira pas à modifier durablement les comportements. La réussite de ce nouveau Code de la route reposera donc en grande partie sur un investissement massif de l’État dans l’information, la communication et l’éducation civique, afin de bâtir une véritable culture de la responsabilité partagée sur les axes routiers du pays.

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