Le parquet de Dakar a présenté, vendredi 2 octobre 2026, un premier bilan de son enquête sur les événements politico-judiciaires de 2021 à 2024. Soixante-seize décès sont recensés pour le moment, dont 41 dans la région de Dakar, ainsi que plus de 200 personnes présumées victimes de torture ou de traitements inhumains, cruels ou dégradants. Ces faits pourraient être qualifiés de crimes contre l’humanité.
Ces violences sont survenues en mars 2021 après l’arrestation d’Ousmane Sonko dans l’affaire Adji Sarr, puis se sont intensifiées en juin 2023 à l’annonce de sa condamnation, et en février 2024 avec le report de la présidentielle. Près de 80 personnes sont décédées lors des manifestations et des citoyens déclarent avoir subi des actes de torture. Une loi d’amnistie votée par Macky Sall avait contrarié les espoirs de justice.
Cinq inculpations déjà prononcées
L’enquête du parquet de Dakar a été ouverte sur instruction du ministre de la Justice, en juillet 2025. La Section de recherches de la Gendarmerie nationale a été saisie le 4 août suivant. Les enquêteurs ont entendu 166 victimes et témoins et exploité des actes médicaux entre octobre 2025 et septembre 2026. Ils disent avoir relevé des indices d’assassinat, de meurtre, de persécution et de torture.
Cinq personnes ont été interpellées : quatre sont soupçonnées d’avoir participé à des actes de torture contre Pape Abdoulaye Touré. La cinquième personne est poursuivie pour le décès de Mamadou Ndoye, heurté par un véhicule de police à Bargny. Elles ont été inculpées le 23 septembre pour crimes contre l’humanité, notamment torture et meurtre. Le procureur, qui avait demandé leur placement en détention, a fait appel de l’ordonnance le 28 septembre. Selon le parquet, d’autres procédures pourraient suivre au fur et à mesure que les responsabilités individuelles seront établies.
