Elon Musk a présenté jeudi 15 octobre 2026, au Texas (États-Unis), le nouveau Tesla Roadster, une voiture équipée de propulseurs conçus avec SpaceX, sur le site d’essais de McGregor. Le patron de Tesla s’est adressé à un public de fans, d’influenceurs et de journalistes, selon le récit de Core77. « Nous avons besoin d’un public pour prouver que ce n’est pas de l’IA. Vous pourrez dire que vous l’avez vu de vos propres yeux, parce que ce que vous verrez, vous ne le croirez pas », a-t-il déclaré. Le spectacle a bien eu lieu, mais plusieurs questions restent ouvertes sur ce que sera réellement cette voiture.
La voiture a d’abord monté une rampe et roulé la tête en bas grâce à un système d’aspiration. Puis, elle a sauté au-dessus d’autres véhicules en se retournant dans les airs, avant de se poser sur ses roues. Core77 précise que les propulseurs ne fonctionnent pas par combustion mais il s’agit d’un système alimenté par des réservoirs d’air comprimé, qui servent à orienter la voiture en vol et à amortir la réception. Elon Musk a mis en avant le travail commun des deux entreprises: « C’est le résultat de ce qui se passe quand on réunit la meilleure entreprise automobile du monde et la meilleure entreprise de fusées du monde », a-t-il affirmé.
Aucun pilote à bord, aucun prix annoncé
La démonstration s’est déroulée sans humain à bord, et Musk en a donné la raison lui-même: « Pour être sûrs de ne tuer personne » . Ainsi, la conduite réelle avec les propulseurs reste une inconnue et une voiture qui bondit seule au-dessus d’autres véhicules ne dit pas comment elle réagirait avec un conducteur, ni sur une route ouverte.
Notons aussi que les sauts présentés relèvent en outre de bonds assistés, pas d’un vol prolongé. Le Roadster reste donc loin de l’image d’une voiture volante, même si le patron de Tesla a assuré que le système était réutilisable: « La voiture peut recharger son réservoir d’air », a-t-il dit.
Du côté financier, Tesla n’a pas annoncé de prix même si la page de réservation affiche en revanche un acompte de 50 000 dollars pour la version Performance et de 250 000 dollars pour la version Thrust. Cette dernière, dotée de propulseurs arrière pour l’accélération, exige donc un dépôt cinq fois plus élevé, d’après Core77, qui indique aussi trois configurations prévues au total.
Une homologation routière encore floue
Reste la question de la route, sur laquelle Elon Musk est resté prudent: « Ce n’est pas forcément une voiture optimisée pour la sécurité … Je ne suis pas sûr que ce soit forcément légal dans toutes les juridictions, mais il y aura une telle voiture que quelqu’un pourra posséder », a-t-il ajouté.
Pourtant, Tesla présente le Roadster comme « la meilleure des dernières voitures conduites par un humain », c’est-à-dire un modèle destiné à des conducteurs, pas seulement à des démonstrations autonomes. Notons que Tesla n’a pas précisé si la version Thrust, la seule dotée de propulseurs, pourrait satisfaire les exigences de la NHTSA, l’agence fédérale chargée de la sécurité routière.
L’autonomie reste elle aussi à établir puisqu’aucun chiffre n’a été certifié par l’EPA, l’agence américaine qui valide les valeurs annoncées par les constructeurs. Le calendrier pose enfin question; Elon Musk a annoncé une production en 2028, alors que Tesla avait présenté la deuxième génération du Roadster en 2017, avec des livraisons promises pour 2020, soit huit ans d’écart avec la nouvelle échéance. Cette date de 2028 sera donc à surveiller de près.
