Une transaction d’environ 20 milliards de dollars s’ajoute aux discussions sur la guerre en Ukraine : le sort des actifs étrangers du groupe pétrolier russe Lukoil. En effet, le président russe Vladimir Poutine a abordé le sujet le 5 septembre, à Moscou, en Russie, avec les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner, reçus au Kremlin. Lukoil dont les actifs regroupent des champs pétroliers, des raffineries et des stations-service, détient des participations dans onze pays et se trouve sous sanctions américaines depuis octobre 2025, ce qui l’a poussé à chercher un acheteur.
Selon le New York Times, qui s’appuie sur des personnes informées de la rencontre, Poutine a présenté la vente comme un moyen de montrer aux Russes qu’ils peuvent faire des affaires avec les États-Unis. L’opération ne pourrait aboutir sans l’accord du gouvernement américain et celui du Kremlin.
Un consortium mené par un donateur de Trump
Le groupe en tête pour racheter ces actifs est dirigé par l’investisseur américain Todd Boehly, copropriétaire du club de football Chelsea. Il réunirait deux groupes du Moyen-Orient déjà en affaires avec Kushner ou la famille de Witkoff, ainsi qu’un organisme du gouvernement américain. Des informations du secteur évoquent aussi une participation d’environ 15 % de l’agence américaine de financement du développement DFC, du cheikh Tahnoun ben Zayed Al Nahyan, frère du président des Émirats arabes unis, et du fonds Allied Investment Partners. Aucune de ces participations n’a été confirmée officiellement.
Ce consortium chercherait à supplanter Carlyle. Le fonds américain avait signé en janvier un accord pour reprendre Lukoil International, qui détient les actifs hors Kazakhstan. Lukoil avait précisé que ce texte n’était pas exclusif et dépendait de l’autorisation du Trésor américain. Carlyle avait alors assuré vouloir garantir « la continuité opérationnelle et la préservation des emplois », en soulignant « l’importance critique » de ces actifs pour les infrastructures et la sécurité énergétique des pays concernés.
Le Kremlin s’était montré réservé sur cet accord. Son porte-parole Dmitri Peskov avait déclaré que l’essentiel était que « les intérêts de l’entreprise russe concernée soient protégés et respectés », sans commenter les accords commerciaux eux-mêmes.
