En marge du salon naval Euronaval, le chef d’état-major des armées françaises, le général Fabien Mandon, a reçu séparément à Paris, le 3 novembre 2026, les deux grands chefs militaires de la Libye : Khaled Haftar, qui dirige l’état-major de l’Est, et Salah al-Namroush, qui commande celui de l’Ouest.
Dans son message, le général français a écrit que ces échanges montraient « la volonté des armées françaises de dialoguer avec les acteurs riverains de la Méditerranée, dans une démarche de stabilité et de sécurité régionale ».
Chaque camp a sa lecture de la visite
À Tripoli, l’état-major a expliqué que la venue d’al-Namroush s’inscrivait dans des consultations déjà ouvertes avec la France, « pour développer la coordination en matière de défense ». Quant à l’Est, le commandement général a affirmé que Khaled Haftar avait parlé d’« échange d’expertises militaires » et des menaces sécuritaires du moment. Toutefois des sources libyennes ont laissé entendre que les deux généraux pourraient se voir pendant leur séjour, avec la France comme médiatrice, pour discuter de l’unification des forces armées libyennes.
Le déplacement à Paris arrive après plusieurs initiatives similaires de Khaled Haftar dans la région. En effet, il était à Rabat, au Maroc, du 13 au 15 octobre, où le général Mohamed Berrid, inspecteur général des Forces armées royales, l’a accueilli. Ensuite, juste avant de partir pour la France, un accord de coopération stratégique avec le Niger a été signé à Benghazi.
De son côté, Salah al-Namroush, 49 ans, dirige l’état-major de Tripoli depuis décembre 2025. Il a pris la place de Mohamed al-Haddad, mort dans un accident d’avion. Quant à la France, elle garde aussi un lien direct avec la famille Haftar au plus haut niveau, puisque Saddam Haftar, frère de Khaled, a été reçu à l’Élysée en janvier 2026.
