Manigances pour prolonger le mandat de Boni Yayi : les premières voix qui annoncent la forfaiture

Officiellement et constitutionnellement, Yayi devrait laisser le pouvoir en 2016. Mais dans la tête de certains hommes politiques proches de ce dernier, il y a toujours une possibilité pour lui accorder un « bonus ».  Des velléités ne manquent pas dans ce sens et déjà des voix ont commencé à l’annoncer.

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Un complot serait en train d’être manigancé contre l’ordre constitutionnel. Si aucune preuve matérielle n’existe encore, il y a que les déclarations tenues ces derniers jours, par certains acteurs de la majorité présidentielle, amènent à s’interroger sur un projet aussi sordide. En effet, dans la foulée des déclarations faites par les uns et les autres, dans le cadre de la célébration du deuxième anniversaire du second mandat de Boni Yayi, deux ont retenu notre attention. Interrogé sur son éventuelle candidature pour la prochaine élection présidentielle de 2016, au cours de l’émission « Zone Franche » de Canal3, l’honorable Aké Natondé a affirmé ceci : «  Est-ce que Yayi vous a dit qu’il est fatigué et qu’il ne veut plus… ? ». Son compère de la même majorité, Emmanuel Koï, baron des Fcbe dans la contrée de Godomey, se fera plus explicite. « Avec tout ce que Boni Yayi fait pour notre pays, est-ce qu’il n’est pas bon de lui accorder un bonus ? », a-t-il lancé, lors d’une manifestation publique.

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La concomitance de ces deux déclarations émanant de deux figures de proue de cette majorité amène à s’interroger sur les intentions cachées de ceux-ci. Veulent-ils dire que Yayi doit continuer à diriger le Bénin, tant qu’il ne dit pas qu’il est fatigué ? Quel sera le « contenu » d’un tel « bonus » ?  Un nouveau mandat ? Selon toute invraisemblance, ces déclarations participent d’un plan dont la première étape constitue à préparer l’opinion à une telle éventualité. En 2016 , surfant sur l’affaiblissement de l’opposition, certains caciques du pouvoir pourront bien tenter de chercher à maintenir Boni Yayi, sans aller aux élections, en prétextant qu’il a fait un bon bilan et qu’il n’y a personne de mieux pour le remplacer. Aké Natondé et Emmanuel Koï sont-ils dans cette option ?

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Comme en 2005 avec Kérékou

Ce genre de manège ne serait pas nouveau sous nos cieux. Comme en 2005, un peu avant l’élection présidentielle de 2006 qui a porté Boni Yayi au pouvoir. En son temps, plusieurs personnalités politiques proches du Président Kérékou, ont agité qu’il fallait permettre à celui-ci de faire encore deux ans de plus au pouvoir pour bien stabiliser le pays avant de partir. Ce n’est donc pas étonné de voir des personnalités d’une si piètre facture, chercher à tordre le coup à la constitution juste pour maintenir un Chef d’Etat à cause de leurs intérêts personnels. En effet, le bilan de Yayi ne plaide pas en faveur d’un tel plan. En sept ans, le Chef de l’Etat a échoué sur les grands chantiers et les grandes reformes. Il n’a pu lutter contre le chômage, la corruption, ni la cherté de la vie. Le taux de croissance à deux chiffres qu’il a promis n’a jamais été atteint. La filière coton, malgré de nombreux milliards investis, n’est toujours pas en bonne santé. Le port est toujours abandonné par des opérateurs économiques du Niger, du Burkina et autres. La misère gagne du terrain un peu partout et contrairement à ces hommes politiques, la majorité des Béninois vivent dans l’attente de 2016. Ils devraient avoir honte de plaider une telle cause s’ils sont soucieux de défendre les intérêts des pauvres populations qui les ont élus.

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