Comment des cadres des ministères des Finances et de l’agriculture ont floué Agrochina

(Agrochina, le nouveau scandale) A peine le Chef de l’Etat s’est-il réjoui au Port de Cotonou de la réussite de la campagne cotonnière 2012-2013 qu’un nouveau scandale éclabousse la République. Une société chinoise nommée Agrochina, basée à Shangaï, a été dupée par les cadres des ministères de l’Agriculture et des Finances.

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 Choisie régulièrement par avis d’appel d’offres, elle a été subrepticement écartée au profit d’une hypothétique société burkinabè.

Nous voilà reparti pour une nouvelle saison de scandales dans la commande des intrants. A peine a-t-on fini de parler de l’affaire Tobouna, qu’un autre plus pernicieux et plus grave commence à faire ses premières vagues.

Une société chinoise nommé Agrochina, basée à Shangaï (Chine), a gagné un marché d’importation d’intrants au profit de la campagne cotonnière.  Ce marché lui a été notifié officiellement par le gouvernement. Alors qu’elle se préparait à livrer les intrants, les cadres du ministère de l’Economie et des Finances – en charge du dossier – mijotaient un autre plan. 

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Pour se faire plus d’argent dans ce dossier, ils mettent en œuvre leur ingéniosité et leur expertise au service de trucages et de magouilles. Ils prennent la facture proforma fournie par Agrochina, s’en servent pour en produire une autre avec des propositions de prix plus bas. Ensuite, ils falsifient des documents administratifs de la société et envoient des courriers au nom d’Agrochina aux deux ministères concernés, pour leur notifier  que cette commande a été modifiée.

Mais ils ne s’arrêtent pas là. Guidés par leur cupidité, ils introduisent auprès de la banque Diamond Bank, de fausses informations et demandent à celle-ci de  leur accorder une ligne de crédit de 10% du marché conclu à 6.720.500 dollars. Croyant à la bonne foi de ses cadres, la banque a mis à leur disposition la somme convenue, dans le compte qu’ils lui ont notifié comme celui d’Agrochina. Selon des sources concordantes, ils auraient partagé cet argent entre eux.

Pendant ce temps, les responsables d’Agrochina, les vrais, ont commencé à s’inquiéter  des manœuvres des cadres  des deux ministères en charge du dossier. Ils ont écrit aux deux ministres concernés pour signaler cette inquiétude, mais leur lettre est restée sans réponse.

Plainte contre le gouvernement

Ayant donc compris qu’ils sont tombés dans une magouille d’Etat, les responsables de la société écrivent à nouveau  aux ministres concernés et leurs demandent d’annuler toutes les modifications envoyées après l’adjudication (voir la lettre).  Plus grave, ils demandent à leur représentant sur place, un ecclésiaste proche du ministre Marcel de Souza, de prendre les dispositions pour engager une procédure judiciaire contre le gouvernement (voir courrier en fac-similé).

Actuellement les marchandises (herbicides  et fongicides) commandées à Agrochina  sont arrivés au Port de Cotonou. Mais de cela, le gouvernement va devoir répondre devant les tribunaux. Sans oublier les conséquences diplomatiques que cette affaire pourrait avoir sur les relations sino-béninoises.

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