Le Cosycotrab désapprouve la décision de suspension des véhicules d’immatriculation provisoire au Bénin

Invité hier sur l’émission «Zone franche» de la chaîne de télévision privée Canal 3, Claude Quenum, président du collectif des syndicats des conducteurs et transporteurs assimilés du Bénin (Cosycotrab), s’est prononcé sur la décision de suspension des véhicules à immatriculation provisoire (IP) au Bénin, et sur les maux qui minent le développement du secteur des transports routiers au Bénin.

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Une décision à la hâte. C’est ce qui ressort  des propos de Claude Quenum, président du collectif des syndicats des conducteurs et transporteurs assimilés du Bénin (Cosycotrab), ce dimanche 25 août 2013, sur l’émission «Zone franche» de la chaîne de télévision privé Canal 3, par rapport à la décision de suspension des véhicules à immatriculation provisoire au Bénin. On se rappelle :  la semaine dernière, suite à la séance de travail que le Président de la République, Thomas Boni Yayi, a tenu avec les acteurs du système portuaire, il a été retenu la suspension immédiate des véhicules à immatriculation provisoire, sur toute l’étendue du territoire national, pour mettre fin aux fraudes qui créent des manques à gagner pour l’Etat. Une telle décision, selon les analyses du président du Cosycotrab, Claude Quenum, est salutaire, mais nécessite un cadre de concertation entre le gouvernement et  les acteurs du secteur routier, pour pouvoir assoir une stratégie fiable de mise en œuvre. Car, dit-il, la manière dont s’effectue la mise en application de cette décision pose problème. Dès le lendemain de la prise de cette décision, on a commencé à arrêter des véhicules à immatriculation provisoire, sans aucune démarche préalable. Alors même qu’ils savent bien que ces véhicules sont attestés par le Bulletin d’enlèvement (Be) qui certifie  leur dédouanement.

Concernant les éventuels changements de plaque à des fin illicites, Claude Quenum y voir un réseau de mafia qui agit en complicité avec les acteurs portuaires. «Il faut donc un diagnostic profond du secteur», a-t-il laissé entendre. Il y a beaucoup de maux qui minent le développement du transport routier au Bénin. Au nombre de ceux-ci, affirme  le président du Cosycotrab,  figurent les dysfonctionnements accrus, observés au niveau des services de délivrance des plaques d’immatriculation, la lourdeur et les tracasseries administratives notées au sein de la Direction Générale des Transports Terrestres (Dgtt). Il continue et dénonce les tracasseries policières et douanières, les coûts trop élevés des visites techniques au Conseil National de Sécurité Routière (Cnsr) et la multiplicité des postes de contrôle qui se sont transformés  en de véritables sources de pillage des transporteurs. «Il y a près de 49 postes de contrôle de police de Hillacondji à Ouidah, et à chaque poste, les conducteurs payent une somme d’arrangement», s’en désole-t-il. Toutefois, l’invité de Canal 3 reconnaît une certaine complicité des transporteurs dans cette mascarade. Car, nous dit-il, certains transporteurs  adoptent des comportements peu recommandés par les tests en vigueur : les chargements hors-gabarit, les excès de vitesse, les stationnements anarchiques sur les artères de circulation, sont des actes d’incivisme qu’il faut décourager.

Des propositions pour réorienter le secteur

Pour rendre plus fluide le trafic routier et éviter les problèmes liés à l’immatriculation des véhicules, il faut, selon Claude Quenum, décentraliser les Directions d’immatriculation des véhicules, donner un délai, et sensibiliser les usagers  sur les nouvelles dispositions en matière de plaque d’identification des véhicules, avant toute forme de répression ; construire des gares routières pour régulariser le stationnement, et surtout réduire les postes de contrôle policier, pour inscrire le Bénin dans la droite ligne des autre pays de la sous-région.

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