Centrafrique : les défis à relever de Mme Catherine Samba Panza à la tête de la municipalité de Bangui

Nommée le 20 mai 2013 comme présidente de la délégation spéciale de la ville de Bangui, Mme Catherine Samba Panza est le 37ème  maire de la ville de Bangui et succède à Nazaire Guénéféi Yalanga. Face aux défis énormes qu’attendent cette dame et une mission non seulement exaltante qui va même au-delà de Bangui puisque le maire de Bangui assume la présidence de l’Association des Maires de Centrafrique (AMCA). Elle a décidé de tenir le taureau par les cornes. Elle s’est confiée à La Nouvelle Tribune.

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Dans quel Etat avez-vous retrouvé la municipalité après les évènements du 24 mars ?

La municipalité de Bangui n’a pas été épargnée par les évènements du 24 mars. La mairie centrale et les mairies secondaires ont aussi été victimes de pillages importants, de vols de plusieurs véhicules et équipements de bureau. Ces pillages ont conduit à un ralentissement des activités de la municipalité entrainant l’arrêt d’entretien du réseau de drainage, la paralysie du système d’évacuations des ordures avec pour conséquences un amoncellement des déchets, des inondations dans presque tous les arrondissements de la capitale et donc de sérieux problèmes d’assainissement dans toute la ville.

Avez-vous déjà mené des actions pour interpeler les partenaires par rapport à l’Etat des lieux de la mairie ? Si oui, pouvez-vous dire quelles en sont les retombées concrètes ?

Suite aux évènements du 24 mars, la RCA a été mise sous sanction. La suspension des appuis des partenaires remet en causes les acquis des différents projets et programmes entrepris jusqu’ici. Il en est notamment ainsi du projet PURISU pour lequel la décision de suspension de la Banque Mondiale affecte directement le programme de branchement sociaux en eau potable au profit des populations des quartiers défavorisés, la collecte des déchets solides dans la ville de Bangui, le drainage des eaux de pluies et la réhabilitation de la voirie urbaine.

La Banque Mondiale s’étant délocalisée à Yaoundé, j’ai du y conduire une mission pour faire le point des activités du projet. Il s’agissait surtout pour moi de faire un plaidoyer pour la reprise et le renforcement des actions de la Banque Mondiale envers la RCA. Avant cela, je me suis rendue en France, sur l’invitation de l’Association Internationale des Maires Francophones (AIMF) pour prendre part à un Forum sur l’action internationale des collectivités française. C’était pour moi, maire nouvellement nommée, l’occasion de me faire connaître et de bénéficier de l’expérience d’un réseau de partenariat solidement établi avec des collectivités française pour soutenir ma vision et mon action.

Nous avons constaté l’extrême dégradation des voies et ouvrages d’arts à Bangui. Quelles actions attendez-vous menées pour la réhabilitation de ces ouvrages d’arts et voies publiques ?

La municipalité, fortement préoccupée par cette situation n’a pas manquée d’exprimer sa préoccupation aux ministères partenaires en charge de l’entretien des ouvrages d’art. Dans ce domaine comme dans plusieurs autres, nous mettons un accent particulier agissant, une synergie et une convergence des interventions avec tous les acteurs et Institutions étatiques concernés.  Une descente sur le terrain a été faite avec les partenaires pour faire un état des lieux. Des solutions urgentes et pérennes sont en train d’être recherchées par le gouvernement. Il en de même pour la voirie urbaine.

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Concernant la situation d’insalubrité dans la ville de Bangui, nous avons vu ACTED en action. Quelle est la contribution de la mairie dans ces actions ?

ACTED est le partenaire chargé de la mise en œuvre d’un projet du PNUD. Ce projet est exécuté dans les 8 arrondissements de la ville de Bangui et dans les communes périphériques de Bégoua et Bimbo. ACTED réalise les activités du projet avec le soutien complet de tous les acteurs du système de gestion des déchets, à savoir, la mairie centrale, les mairies d’arrondissements, les chefs de quartiers, les associations locales de quartiers et les micro-entreprises.

La municipalité continue d’assurer le ramassage des ordures primaires et secondaires dans les ménages et dans les marchés de Bangui, malgré les difficultés dues à l’insuffisance des bennes de ramassages.

S’il est peut être tôt de parler d’un bilan presque quatre mois après votre nomination, vous pouvez quand même parler de votre vision et de vos objectifs pour la mairie ?

La ville de Bangui est la vitrine du pays. Ce statut particulier lui confère des responsabilités particulières, en termes d’hygiène, d’assainissement et de cadre de vie de ses habitants. Or, la situation actuelle de la municipalité ne lui permet pas de remplir ses obligations régaliennes du fait d’une extrême faiblesse sur le plan institutionnel, organisationnel et financier.

La priorité est d’offrir et de garantir à la population de Bangui un environnement salubre et réinstaurer sa dignité dans un environnement assaini et embelli. Pour cela, plusieurs mesures urgentes et incontournables doivent être prises. A savoir : désherbage des quartiers de Bangui ; curage des caniveaux et fossés d’évacuation des eaux de pluies, afin de réduire les inondations ; ramassage et traitement des ordures ; entretien des espaces verts ; réhabilitation des routes primaires er secondaires de la ville de Bangui ; nettoyage et lavage des marchés, réhabilitation des bacs à ordures etc.

Toutes ces actions permettront à notre capitale de retrouver rapidement son lustre d’antan et redevenir « Bangui la coquette », c’est-à-dire une ville où il fait bon vivre.

Propos recueillis par Emery Elvis PABANDJI

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