Occupation anarchique des trottoirs à Cotonou : de l’argent au prix de la vie

Délogés à coup de matraques à la veille de la venue du Pape Benoît XVI au Bénin, les commerçants ont encore, malgré les dangers, envahis les trottoirs et artères de rues dans la ville de Cotonou, sous le regard impuissant des autorités de la ville. Chassez le naturel, il revient au galop. Ils sont nombreux, revenus s’emparer des trottoirs et artères de rues à Cotonou, pour y mener leurs commerces. Vendeurs de chaussures, d’essence de contrebande, de pain, de friperies …

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Des commerçants font face chaque jour aux dangers de la route, mais se disent contraints de le faire, car n’ayant pas d’autres activités. Rolande Ayi, vendeuse de pain sur l’axe Vêdoko-Place de l’Etoile Rouge, affirme : «c’est ce petit commerce que je fais qui nous aide un peu à la maison. Mon mari est un conducteur de taxi-moto et il n’y a plus de travail dans le pays.» Les raisons sont diverses, mais la crise économique qui sévit actuellement, reste le premier motif. Pour Ibrahim Bouraïma, vendeur de chaussures sur le même tronçon, l’incapacité à payer la location d’un hangar, et l’accès facile à la clientèle (des passants) sont les motifs de sa préférence pour l’occupation des trottoirs. «Quand on prend les hangars au marché, on n’arrive pas à payer les taxes parce qu’il y a mévente. Aussi, les clients ne viennent pas au marché comme çà», explique-t-il. Ibrahim n’est pas ignorant des risques encourus.

Pour lui le jeu en vaut la chandelle. «Je dois prendre le risque pour survivre à Cotonou». Avec les Forces de l’Ordre, c’est un jeu du chat et de la souris. «Quand les policiers descendent  pour saisir nos marchandises ou articles, on essaie de fuir et le lendemain on revient», confie dame Rolande. Dans cette situation, les piétons, usagers de la route, éprouvent de la peine à circuler. «Il faut chaque fois descendre sur la voie, aux risques de se faire renverser.», se plaint Ange-Marie Tossou, usager de la route. Comme lui, confrontés à ce problème, ils sont nombreux à se plaindre chaque jour sur les routes de Cotonou. Pour lui, il faut que l’Etat et la Mairie prennent leurs responsabilités, pour que les trottoirs servent à la libre circulation des piétons.

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