Interdiction des postes téléviseurs dans l’administration publique : résultats mitigés

Interdiction des postes téléviseurs dans l’administration publique : résultats mitigés

Aurait-on mieux fait de laisser les télévisions? Pour Bonaventure Ahéchémè, la meilleure solution aurait été de donner une heure pour suivre les informations.

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La décision est tombée juste aux lendemains de l’avènement du régime Talon. Plus de postes téléviseurs dans les bureaux du service public. Le but : remédier à la lenteur administrative en amenant les agents de l’Etat à mieux se concentrer sur leur travail. Mais qu’en est-il après un an d’exécution ? A-t-on réellement pu finir avec la lenteur au sein de l’administration publique ?

L’interdiction des téléviseurs dans l’administration publique, fait partie des décisions issues du tout premier conseil des ministres de 2016. Elle avait essentiellement pour but de lutter contre la lenteur administrative observée depuis des lustres, dans la fonction publique. Pour mettre en application cette mesure, les télévisions ont été ramassées et stockés pour être vendues. Après un an d’exécution de cette mesure, les opinions sont divergentes quant à son bien-fondé et aux résultats obtenus.

Des avis partagés

A la question de savoir si cette décision est opportune et si les résultats escomptés sont réellement atteints, les réponses divergent d’un agent et d’un usager à un autre. Yacoubou M., stagiaire au ministère des affaires étrangères, confie que cette décision est salutaire et a permis aux agents de la fonction publique de mieux s’adonner à leurs tâches quotidiennes. Si Yacoubou M. apprécie cette décision, ce n’est pas le cas de Constant rencontré au ministère des finances. Selon Constant, la lenteur constatée dans les services n’est pas due à la télévision mais plutôt au circuit du courrier, au retard dans les livraisons de courriers, à la performance et à l’absentéisme des autorités.

Même refrain chez les usagers. Si certains apprécient la mesure et semblent être satisfaits des résultats, d’autres par contre disent tout le contraire. Venu retirer un document à la direction des impôts, Adamagnon Adolphe revendeur au port, est lui satisfait de l’accueil et du traitement de son dossier. Il avoue avoir fait moins de 15 minutes pour être servi. Bonaventure Ahéchémè, Trésorier Générale de l’Union Nationale des Syndicats des Travailleurs du Bénin (Unstb), n’est pas du même avis. Pour lui, cette mesure n’a pratiquement rien réglé car la lenteur administrative demeure. Selon lui, le problème s’est plutôt déplacé.

Les smartphones, les remplaçants des télévisions

Si le gouvernement a voulu mieux faire travailler ses agents en supprimant la télé, c’est en effet sans compter les Smartphones. Aujourd’hui, ces petits joujoux donnent accès à des chaînes de télévisions, aux réseaux sociaux et paraissent beaucoup plus occuper les agents dorénavant.

« Leurs yeux sont rivés sur les portables durant la grande partie de la journée… les gens utilisent mieux le portable que la télévision », affirme Bonaventure Ahéchémè. Ce que confirme avec une petite nuance cependant Yacoubou M. cité plus haut. « Avec un portable Android, les gens peuvent avoir accès à différentes chaînes de télévisions. Par ce canal, ils peuvent s’informer et se distraire en même temps, et ils se connectent pendant les heures de pause », explique-t-il.

Mais qu’est-ce qui explique cette ruée vers les portables ? Selon certains agents, la télévision qu’on le veuille ou non avait son utilité. Pour Constant, il est vrai que certains agents exagèrent en regardant feuilletons, matchs et autres émissions sans penser à faire correctement leur travail, néanmoins la télé permettait également aux travailleurs d’être informés au fur et à mesure que les informations sortent. « Certaines personnes quittaient leurs domiciles avant 7 heures pour suivre les infos au bureau, et d’autres rentrent après 19h juste pour s’informer. Mais aujourd’hui, la suppression des téléviseurs fait que ces personnes tardent plus chez eux le matin, pour suivre l’actualité, et rentrent également les soirs, à peine à 18 heures, dans le même objectif », confie un autre.

Quelques suggestions des personnes interviewées

Si l’interdiction de la télévision est appréciée par beaucoup, elle est donc loin d’être la meilleure solution contre la lenteur administrative. Aurait-on mieux fait de laisser les télévisions? Pour Bonaventure Ahéchémè, la meilleure solution aurait été de donner une heure pour suivre les informations. « On peut organiser un contrôle pour faire respecter la loi… çà entrera dans les habitudes. » ajoute-t-il. Constant mentionné plus haut, souhaite quant à lui que l’Etat mette les moyens et équipements nécessaires à la disposition des agents

Commentaires

Commentaires du site 1
  • Avatar commentaire
    aziz 2 mois

    Les télévisions..dans l’admnistration..c’est pour regarder les films porno

    Niquer les femmes d’autrui…par les chefs de services

    On se connait bien au benin…n’est ce pas