Génocide rwandais : plainte contre une banque française et des politiciens

Génocide rwandais : plainte contre une banque française et des politiciens

Nouveau rebondissement dans l’affaire du génocide rwandais en France. Des plaintes contres des responsable français et la Banque nationale de Paris d’alors ont été déposées ce mercredi 28 Juin 2017 en France.

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Alors que la publication d’une enquête dans la revue XXI était annoncé pour le mercredi dernier, des associations se sont lancées dans une bataille juridique qui éclaboussent des politiciens français et la banque nationale de Paris d’alors. Le Collectif Sherpa est l’instigateur de la plainte contre la banque BNP Paribas dans l’affaire du Génocide rwandais. L’association Survie quant à elle “s’attaque” aux responsables politiques et militaires en service à l’époque.

Même si les éléments mis sur la table ne sont pas nouveaux, l’association Survie espère enfin un dénouement.

« Nous avions déjà porté plainte en 2015, mais cette plainte avait été rejetée, au motif, notamment, que des ministres ne peuvent être jugés que par la Cour de Justice de la République », affirme Thomas Borrel, porte-parole de Survie.

Pour Marie-Laure Guislain, directrice du contentieux au sein de Sherpa, cette plainte vise à montrer aux nouveaux dirigeants « l’importance de la loi sur le devoir de vigilance ».

Des transferts de fonds pour financer l’achat d’armes

Ce mercredi, Sherpa a déposé une plainte contre la banque BNP Paribas ancienne Banque nationale de Paris qui serait, selon elle, complice du génocide de 1994 au Rwanda. En effet, la banque nationale de Paris aurait validé des transferts d’environ 1,1 millions d’euros du compte appartenant à la Banque nationale du Rwanda en France vers un compte de la banque suisse UBP.

Le compte en Suisse porte le nom du Sud Africain vendeur d’armes, Petrus Willem Ehlers. Ceci aurait permis de financer l’achat de 80 tonnes d’armes livrées au Zaïre pour être ensuite convoyées au Rwanda. Le marché aurait été scellé aux Seychelles avec le colonel rwandais Théoneste Bagosora.

Le montant du transfert aurait dû attirer l’attention selon Sherpa

Pour Marie-Laure Guislain,  le montant du transfert aurait dû attirer l’attention de la banque.

« À l’époque, nous étions en plein embargo de l’ONU. Les ordres de virements de la Banque nationale du Rwanda auraient dû être particulièrement surveillés […] Le simple fait que le montant soit si élevé, en provenance de la Banque nationale du Rwanda, aurait dû, à l’époque, alerter la BNP », affirme Marie-Laure Guislain.

Elle apporte une nuance au sujet de la plainte déposé par Sherpa. Il ne s’agit pas « d’intention génocidaire », mais plutôt « d’avoir su que l’acte allait servir à la commission d’un génocide ».

Un deal bien ficelé

Le colonel rwandais Théoneste Bagosora surnommé le « cerveau du génocide » a reconnu la livraison des armes au Zaïre au cours de son procès en appel au terme duquel il a été condamné à 35ans de prison en 2011. Le choix du Zaïre pour la livraison n’est pas anodin. Pour rappel, le Rwanda était sous le coup d’un embargo de l’ONU. Le Zaïre était donc une couverture pour faire transiter les armes vers la réelle destination finale. Pour cela un faux certificat de destination finale a été émis.

 

 

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