Bénin Télécoms services: Les travailleurs dénoncent une politique de «destruction de l’entreprise»

Bénin Télécoms services: Les travailleurs dénoncent une politique de «destruction de l’entreprise»

Le Syndicat national des travailleurs des télécommunications de Bénin, Télécoms services (Snt-Bts), n’est pas content des nouvelles options du gouvernement vis-à-vis de Bénin Télécoms services. C’est l’objet de sa conférence de presse d’hier jeudi 27 juillet 2017 à la Bourse du travail.

Bénin: Les Syndicats de Bénin Télécom s’approprient le code du travail

A la faveur d’une sortie médiatique hier à la Bourse du travail, le Syndicat national des travailleurs des télécommunications de Bénin Télécoms services (Snt-Bts), a exprimé sa désolation à propos des nouvelles décisions du gouvernement à l’endroit de Bénin Télécoms services, et fait part de ses exigences pour une réellement prospérité de la société.

A l’occasion d’une conférence de presse, le syndicat a livré son analyse des mesures prises en Conseil des ministres le 21 juin 2017, concernant cette entreprise. A ce propos, le Secrétaire général Pierre Ahouandedja rappelle que le gouvernement a décidé du « transfert des infrastructures de téléphonie fixe de Bénin télécoms services vers la société de patrimoine publique ; de la sélection d’un partenaire pour la gestion commerciale et la maintenance des équipements transférés à la société de patrimoine ; et de la sélection d’un partenaire pour une gestion de type privé de Bénin Télécoms services ». A en croire le Sg, il s’agit de décisions destructrices pour l’entreprise.

«La privation des infrastructures de téléphonie fixe et de tout le service internet attaché à ce segment revient à priver l’entreprise de 75% à 80% de son chiffre d’affaires et de son objectif principal» relève le Snt-Bts dans la déclaration liminaire lue par le Sg. C’est une politique pour tuer l’entreprise publique «afin de faire émerger les entreprises privées», selon le Syndicat.

Sinon, se demande-t-il, «pourquoi à travers l’Arcep, l’Etat n’élabore-t-il pas les normes susceptibles de rentabiliser le secteur public pour le compte du peuple, mais veut toujours détruire le public au profit du privé ». Surtout que c’est une entreprise rentable qui peut faire mieux si l’Etat lui donnait plus de moyens et de temps, mentionne le Snt-Bts. Et pour preuve ! «Depuis sa phase opérationnelle en septembre 2015, la maison a fait un chiffre d’affaires au 31 décembre 2016, d’environ 13 milliards de francs Cfa, et un bénéfice net de près de 400 millions.».

En plus, confier les équipements de Bénin télécoms services et ceux de Bénin télécoms infrastructures à un privé, c’est laisser les télécommunications au Bénin dans les mains de ce dernier : un acte d’insécurité. Aussi, ces mesures sont-elles porteuses de menaces pour les emplois des travailleurs de la maison, selon le syndicat.

Des revendications

A l’analyse de tout ceci, le Snt-Bts «exige l’annulation pure et simple de toutes ces décisions et l’implication des partenaires sociaux dans la suite des réformes». Et ce, «dans le sens de l’amélioration des actifs de Bénin télécoms services en lui donnant par exemple l’exclusivité sur les activités d’internet, ce qui lui permettra de renflouer les caisses de l’Etat et de mieux payer Bénin télécoms infrastructures». Il exhorte l’Etat à «attendre la fin de tous les projets prévus pour 2018 et obtenir au moins trois états certifiés sur trois ans, pour connaitre la valeur réelle de la société afin de se décider plus objectivement ». Et après avoir rentabilisé ces projets, l’Etat pourra «ouvrir le capital de la société par le modèle de Sonatel où l’Etat est actionnaire à 51% contre 49% pour le privé ».

En cas de poursuite forcée des décisions critiquées, le Snt-Bts invite tout le personnel des autres structures dont Libercom et Bénin télécoms infrastructures, à se joindre à lui pour une paralysie générale du secteur. Et ce, avec le soutien de la Csa-Bénin, qui à travers son 1er Secrétaire général adjoint d’Almeida Richard, invite le gouvernement à associer les travailleurs à ses réformes

Commentaires

Commentaires du site 5
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    Abiodun 3 semaines

    Très bien. Mais où et quand est défendu l’intérêt du client? Ce ne serait pas honnête de passer sous silence la très mauvaise qualité des services de Benin-telecom. Le perdant c’est le client car l’entreprise n’a pas été créée pour le personnel,mais celui-ci est engagé pour rendre des services qui n’existent que rarement. L’exemple de la connexion internet est là pour attester de la mauvaise qualité. Ne parlons même pas du téléphone fixe. Les pertes de temps et de ressources qui en résultent ne semble pas être une préoccupation;alors, quel intérêt le client a-t-il à se solidariser au combat du personnel? Vérité dure à dire et dure à entendre. La complaisance ne résoudra aucun problème.

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    virgile 3 semaines

    Lorsque j’ai suivi l’homme qui a lue la déclaration du syndicat. J’ai compris ce qui arrive à Bénin Télécom. Ce monsieur à fait une comparaison par rapport au Togo. Dans ce domaine précis je peux dire qu’aucune solution ou exemple n’est à choisir dans ce pays limitrophe. Je dis bien rien. Donc les travailleurs de Bénin Télécom n’ont qu’à chercher simplement leur position dans les différentes structures qui seront créées.

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    GbetoMagnon 3 semaines

    Ce ne sont pas les syndicats qui ont géré la taule.
    Ce sont les gouvernements successifs, qui ont faits de cette société la serpillère des conseils des ministres.

    Là, si je suis d’accord que les statuts et le fonctionnement de Bénin Télécom, soient changés (Etat actionnaire, mais pas aux manettes. Décision laissée à l’appréciation du dirigeant, charge à lui de rendre compte au “board” des actionnaires; dont l’Etat)

    la meilleure sortie selon moi, dont la finalité doit être de conserver la souveraineté du bénin sur cet outil stratégique et juteux; ce serait de confier à un dirigeant d’entreprise (un tueur) ou à un cabinet spécialisé en levée de fonds: une opération d’extension de capital à des privés. l’Etat béninois conservant une minorité de blocage.

    Là dessus, la boite adopte un mode de fonctionnement, une organisation adaptée à un domaine hautement compétitif.

    Vu comment la concurrence est naze et fait des bénéfices (MTN classée 80e en Afrique pour l’augmentation de capital ); ça me parait faisable.

    Maintenant si les politiques et les syndicats viennent lui chi… dans les bottes quand il voudra redresser tout ça – comme le suédois nommé à Air Afrique, molesté par les syndicats alors qu’il cherchait à suaver la boite et le maximum d’emplois – c’est autre chose…

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    Totchénagnon 3 semaines

    En goun, on dit “Koklonon mon non yi ahi tata” ce qui se traduit par “on n’amène pas pour rien la mère pour en ville pour être vendue”. Allez y donc chercher les raisons.

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    ALLOMANN 3 semaines

    Vous n’avez pas honte du spectacle ridicule que vous offrez à notre peuple meutri par votre incompétence, votre arrogance, votre mépris de la clientèle, votre manque de patriotisme qui ont plongé ce secteur public si florissant ailleurs (Sonatel au Sénégal) dans l’abîme au Bénin (près de 200 milliards de passif à supporter par le contribuable). Vous osez parler d”éléboration de normes suceptibles de rentabiliser ce secteur pour le compte….. du peuple” !!! De quel peuple parlez-vous ?????. Ca suffit !!!! Dégagez le parquet!!!! Et si l’abomination pouvait tuer au Bénin?????