Bénin: Les étudiants du Pepes et de l’Adepes appellent le Chef de l’Etat à prendre ses responsabilités

Bénin: Les étudiants du Pepes et de l’Adepes appellent le Chef de l’Etat à prendre ses responsabilités

Les étudiants des Etablissements Privés d'Enseignement Supérieur membres du PEPES, et de l'ADEPES, continuent de protester contre l’organisation des examens nationaux de Licence et de Master.

Examens de licence et de master: Réaction du Président de l’ADEPES

Au cours d’un sit-in qu’ils ont tenu ce mardi 04 juillet 2017 devant le ministère de l’enseignement supérieur dont l’accès leur a été interdit par un peloton de militaires, ils ont dénoncé une décision contraire aux textes en vigueur et ont appelé le Président de la République à la rescousse.

(Lire l’intégralité de leur déclaration)

COLLECTIF DES ASSOCIATIONS DES ETUDIANTS DES ETABLISSEMENTS  PRIVES DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR DU BENIN (PEPES ET ADEPES)

 

MOTION DE PROTESTATION

CONTRE LA MESURE D’ORGANISATION DES EXAMENS NATIONAUX

– Considérant la constitution Béninoise de décembre 1990 qui garantit le droit  à l’éducation et à l’instruction pour tous,

– Considérant que notre cher pays, le Bénin, ne saurait se développer en marge des principes et normes internationales qui fondent les grands ensembles économiques,

– Considérant que conformément à la Directive N° 03/2007 de l’UEMOA du 4 juillet 2007 qui engage les Etats membres de l’UEMOA à adopter le système LMD,

– Considérant que pour se conformer à cette Directive, notre pays a adopté le système LMD par Décret N° 272 du 11 juin 2010,

– Considérant l’Arrêté N° 710 du 31 décembre 2012 portant organisation du Diplôme de Licence dans l’enseignement supérieur en République du Bénin,

– Considérant que ledit Arrêté 710 a clairement disposé de ce qui suit Article 20  « Les UE de chaque semestre doivent être évaluées. Le contrôle des apprentissages est organisé sous forme de contrôle continu et/ou terminal.L’examen terminal se déroule à la fin du semestre. » Article 21 : « Les modalités d’évaluation sont fixées par le règlement pédagogique de l’offre de formation. » Article 26 : « Une attestation de diplôme est délivrée aux apprenants trois (03) semaines au plus tard après la proclamation des résultats. Cette attestation est signée par le chef de l’établissement de formation concerné. » Article 27 : « Le diplôme de Licence est délivré sous le sceau et au nom de l’université concernée. Le ‘’supplément au diplôme’’ est annexé au diplôme. »

– Considérant le Décret 194 du 29 mars 2017 portant organisation des examens nationaux pour l’obtention du diplôme de Licence et de Master dans les établissements privés d’enseignement supérieur non homologués, décret qui remet en cause les fondements du système moderne LMD pour les seuls étudiants du sous-secteur privé de l’enseignement supérieur,

– Considérant la lettre-réponse du SG du CAMES à madame le ministre de l’enseignement supérieur du Bénin la renvoyant au référentiel 2009 du CAMES pour la formation LMD, référentiel 2009 rédigé par l ‘éminent Professeur béninois Fulbert GERO AMOUSSOUGA qui hélas, vient de nous quitter pour les félicités célestes et le Professeur Mouhamadou MERAWA,

– Considérant que ledit référentiel consacre égalementla semestrialisation des formations dans le système LMD et dispose que les Diplômes sont délivrés par les Chefs d’Etablissement sur proposition conforme des jurys,

– Considérant par ailleurs que le référentiel 2009 du CAMES dispose que les semestres 5 et 6 sont des semestres de professionnalisation qui s’achèvent par des stages et la rédaction d’un mémoire que l’apprenant doit soutenir devant jury ;

– Considérant l’institution par la Direction de l’Enseignement Supérieur d’une somme de 25.000 FCFA représentant les frais d’étude de dossiers des candidats auxdits examens nationaux ;

– Considérant  le caractère arbitraire de cette décision gouvernementale portant organisation des examens nationaux pour le diplôme de Licence et des faux frais institués aux motifs de frais d’étude de dossier ;

 

Comment pouvons nous comprendre que le ministère de l’enseignement supérieur du Bénin méconnaisse totalement ses actes fondateurs du système LMD et s’engage dans un passage en force de vente de programmes académiques non homologués conformément à l’article 28 de l’Arrêté 710 du 31 décembre 2012 et d’organisation d’examens dits nationaux discriminatoires et contraires aux normes internationales en matière d’enseignement supérieur ?

– Comment pouvons nous comprendre que, pendant que les pays qui aspirent vraiment au développement évoquent le binôme

« Formation-Emploi », le Bénin s’accroche au binôme avarié « Formation-Diplôme » qui plonge les pays davantage dans le sous-développement ?

– Attendu que la priorité du Chef de l’Etat à laquelle nous avons entièrement adhéré est la mise en place et l’opérationnalisation de l’Agence Nationale d’Assurance Qualité, et qu’au lieu de consacrer les efforts pour cela, le ministère de l’enseignement supérieur du Bénin n’a trouvé d’occupations que de réchauffer le Décret 818 du 31 décembre 2008contraire au LMD,

– Attendu que toutes les actions de communication entreprises par le ministère n’ont guère émoussé notre ardeur et notre détermination, et que, bien au contraire, lesdites actions révèlent la perte de sérénité des cadres qui ont induit le gouvernement en erreur par la signature du Décret 194 du 29 mars 2017 portant organisation des examens nationaux pour l’obtention du diplôme de Licence et de Master dans les établissements privés d’enseignement supérieur non homologués, Décret qui remet en cause les fondements du système moderne LMD pour les seuls étudiants du sous-secteur privé de l’enseignement supérieur,

– Qu’il y a lieu de constater que les instances de gouvernance actuelle du ministère de l’enseignement supérieur ont révélé éloquemment leur inaptitude à conduire les réformes annoncées par le Chef de l’Etat,

– Qu’il importe que le Chef de l’Etat prenne ses responsabilités avant qu’il ne soit trop tard et que les ministres d’Etat Abdoulaye BIO TCHANE et Pascal Irénée KOUPAKI et le ministre de la justice, le professeur Joseph Fifamè DJOGBENOU arrêtent le massacre et le drame qui se profilent à l’horizon. En tout état de cause, ils en assumeront la co-responsabilité devant l’histoire.

C’est pour manifester notre rejet de cette décision portant organisation des examens nationaux aux seuls candidats des établissements privés d’enseignement supérieur en année de Licence ainsi que les faux frais institués pour étudier les dossiers que nous, étudiants des Etablissements privés du Bénin, organisons le présent sit-in ce jour mardi 04 juillet 2017 au Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique sous la direction du  Collectif des Associations des Etudiants des Etablissements  Privés de l’Enseignement supérieur (CAEEPES). Ainsi, nous demandons au gouvernement du Président TALON :

La suspension immédiate de la mesure improvisée d’organiser des examens nationaux de licence.

En tout état de cause, le collectif appelle à la mobilisation générale de tous les étudiants et des parents pour dire « NON » aux mesures improvisées contraires aux normes nationales et internationales.

En cas du maintien de la décision gouvernementale portant sur l’organisation des examens nationaux malgré nos cris de cœur et de détresse, le collectif demande à tous les camarades de se tenir également mobilisés pour des actions futures.

Nous devons poursuivre la lutte pour dire :

. « NON » à l’injustice,

. « NON » à la perception des impôts chez les étudiants,

. « NON » au rançonnement des pauvres étudiants,

. « NON » à la promotion de la précarisation et du chômage des jeunes,

. « OUI » pour une bonne formation.

Le collectif prend l’opinion publique nationale et internationale à témoin face aux conséquences fâcheuses qu’engendrera l’entêtement du gouvernement à ne pas satisfaire nos revendications

Vive le LMD !

Vive l’Éducation pour tous !

Seule la lutte paie !

 

Cotonou, le 4 juillet 2017

Commentaires

Commentaires du site 4
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    Boni YAYA 3 semaines

    Chers étudiants que les promoteurs ne vous trompent pas. c’est l’Etat seul qui définit sa politique et le CAMES a été clair . sa décision dit ceci : Nous n’avons jamais autorisé les établissements d’enseignement a délivrer leur diplôme…. c’est le ministère de l’enseignement supérieur qui nous envoie les diplôme accrédité . cela signifie que le gouvernement a la latitude d’organiser comme il entend le secteur afin d’avoir une accreditation de diplôme digne du nom. Allez lire vos cours et compose. le décret dont vous faites reference ne cadre par avec la vision du CAMES.

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    franco 3 semaines

    Cela permettra de voir qui est qui et qui fait quoi.

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    Monpays 3 semaines

    Des étudiants paresseux qui refusent de composer.

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    Jean 3 semaines

    Chers étudiants, allez-y composer tout simplement.