Bénin : Les jeunes en politique

Bénin : Les jeunes en politique

On se bouscule ferme. Les jeunes arrivent en masse aux portes de la politique et frappent à coups redoublés. Ils revendiquent leur juste place dans l'arène publique. Une arène restée trop longtemps, selon eux, la chasse gardée des ainés, la plantation des anciens et autres "doyens".

Bénin : Wadagni annonce la fin du calvaire

Que souffle désormais sur l’espace politique le vent frais des idées neuves. Que s’irrigue du sang neuf de la génération montante le débat public.

Après cette charge en règle, calmos et balle à terre ! La réflexion, plutôt que l’invective. Le sens de la mesure et des responsabilités plutôt que la revendication brouillonne. L’analyse froide plutôt que des sautes d’humeur et d’aigreur.

Pourquoi, aujourd’hui, de manière radicale, de jeunes Béninois déboulent-ils sur la scène politique, refusent-ils de tenir le rôle de seconds couteaux ? Eclairons d’un puissant faisceau de lumière les trois préoccupations que voici.

1- Pour quelles raisons de jeunes Béninois veulent-ils s’illustrer en politique, non plus en position d’auxiliaires mais dans la posture d’acteurs majeurs ?

“Les aînés nous ont déçus” disent certains jeunes. Et d’ajouter, un rien dépités : “Ils n’ont pensé qu’à eux-mêmes. Nous leur avons servi de marchepied. Aujourd’hui, nous avons tout compris. Comme le dit l’adage : “On n’est jamais si bien servi que par soi-même”. (Fin de citation) Cela vaut une déclaration de guerre. Cela tonne comme une rébellion.

Certains autres jeunes, fort de ce qu’ils savent et de ce qu’ils savent faire, des ressources dont ils disposent, estiment être prêts. Ils se sentent interpellés par cette phrase-culte d’Aimé Césaire : “L’heure de nous-mêmes a sonné”.  Puisqu’il en est ainsi et qu’il est dit que l’élève doit dépasser le maître, il n’y a plus qu’à remettre les pendules à l’heure.

2- De leur expérience en sous ordre et à l’ombre des “ainés”, qu’ont-ils appris, qu’ont-ils retenu de la politique nos jeunes compatriotes ?

Dans l’arène politique, disent-ils, la vertu ne semble pas être la   première qualité exigée, la qualité la mieux partagée. Sur un champ de bataille, on n’entoure ni de générosité ni d’amabilité son adversaire. On le croque ! Il faut donc être disposé, en politique, à recevoir des coups et à en donner. Dans l’arène politique, disent-ils encore, on ne fait presque jamais ce qu’on dit et il n’est pas prudent de dire ce qu’on fait ou ce qu’on veut faire. Il faut accepter, en politique, de mentir comme un arracheur de dents, de ramper comme un serpent. Dans l’arène politique disent-ils enfin, des opportunités pour décrocher le jackpot, le gros lot, à la loterie de la vie sont légion. Les occasions de se servir sans frais ne sont pas rares. L’abreuvoir et la mangeoire ne sont jamais très loin. Est permanente, par conséquent, la tentation de se servir d’abord, compte non tenu du peuple qu’on est censé servir.

3 – A partir de l’idée que nos jeunes se font de la politique, de l’expérience qu’ils ont eu à vivre aux côtés de leurs aînés, quel type d’engagement attendre d’eux ? Par-delà les déclarations d’intention, par delà les professions de foi ?

Trois types d’engagement politique sont susceptibles d’émerger des rangs de nos jeunes aujourd’hui pressés d’investir le champ politique, de faire la preuve de leur capacité à reprendre les choses en main, à gouverner autrement.

– Un engagement sincère et militant. Tout le monde n’est pas pourri. La bonne graine côtoie l’ivraie. Il y a des jeunes Béninois patriotes. Des jeunes Béninois qui aiment leur pays. Des jeunes Béninois qui brûlent d’envie de donner le meilleur d’eux-mêmes pour leur pays. Attendons-les sur les trois composantes de ce que nous avons appelé la pédagogie par l’exemple : le concret, l’action, le résultat.

– Un engagement de façade et de circonstance. Beaucoup de jeunes jouent de tout et se jouent d’eux-mêmes. Ils n’ont ni vision d’avenir ni convictions fermes. Ils vont au gré des vents. Ils se déterminent selon la météo du ciel politique. Ce sont, en fongbé, des “Mi to yé min”.

– Un engagement opportuniste et alimentaire. Comme on dit, ici, c’est le “mangement pur et dur”. Au nom de la République de la bouffe et des bouffeurs.

Le schéma que voilà ne nous est ni étranger ni inconnu. C’est du déjà vu.  C’est dire qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil. Seulement qu’un nouveau jour, sous le soleil de tous les jours, pourrait, un jour, se lever

Commentaires

Commentaires du site 1
  • Avatar commentaire
    aziz 4 semaines

    On ne transmet..à sa progéniture…ses génes..

    Un petit tigre…né toujours avec des griffes…

    En effet..que peut on reprocher aux jeunes…?

    Ils ne sont pas naifs…et on le discernement

    Combien…des sois disants…anciens ou doyens…ne sont ils pas sortis de l’indigence..grace à la politique…..

    Ils voient,ils observent….et savent que le moyen le plus court…pour devenir riche et changer de statut social…c’est la politique

    Hélas…ce n’est pas au benin seul…qu’on observe ce phénomène….

    Voilà…l’idée directrice..qui nous gouverne en afrique…

    Combien d’africains..pensent que pour changer..de statut…il n’a que le travail,l’innovation,la prise de risque…?

    Oui!!! nos parents..paysans,pécheurs,élèveurs…eux ils le savent déjà depuis la nuit des temps…c’est pourquoi….ils ne demandent rien à personne,ne revendiquent rien…ne cassent pas…ils se contentent juste…de vivre au jour le jour…en prenant à la nature…ce qu’elle peut donner

    Ce n’est pas le cas…de tous ceux là qui croient…à la facilité,à vivrent..au crochet de la république…bref des autres….

    Voilà…des gens…comme ça…qui veulent battre monnaie..et la gérer…

    Parce qu’ils croient…naivement…que la monnaie ou le billet physique…est synonyme de richesse,…or donc c’est faut……

    je m’arrete là..pour ne pas….géner certains esprits primitifs…avec mes phrases assassines