Le gouvernement Talon a des soucis à se faire. Et pour cause, cela fait bientôt un mois que le secteur de la santé est paralysé par une grève reconduite chaque semaine. Dans la maison justice, ça gazouille aussi, et les activités dans les tribunaux et cours d’appel tournent au ralenti depuis hier. Bientôt, les enseignants pourraient aussi se mettre dans la danse. Et comme l’ont évoqué les membres du front pour le sursaut patriotique (Fsp), lors de leur meeting du 13 octobre 2017 à la bourse du travail, les choses s’aggravent et le régime du nouveau départ doit en prendre la mesure. Le système sanitaire béninois ne se porte pas au mieux et le président Patrice Talon a vu juste en voulant initier des réformes pour corriger la situation, dès son arrivée au pouvoir.

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Mais c’est la méthode utilisée qui dérange les professionnels du secteur de la santé, qui l’ont d’ailleurs fait savoir à maintes occasions. Les syndicalistes estiment que les réformes veulent se faire sans eux, et ils exigent leur implication. Mieux, les disciples de Saint Luc veulent la satisfaction totale de leurs revendications qui datent de très longtemps, à savoir l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail,  le remboursement des défalcations opérées sur les salaires des travailleurs du Centre national hospitalier universitaire-Hubert Koutoukou Maga (CNHU-HKM), pour fait de grève, le paiement de la totalité des primes spécifiques aux agents, etc.

Malheureusement pour eux, le ministre de la santé et le gouvernement ont fait la sourde oreille. Ne trouvant pas satisfaction, ils avaient donc brandi la menace de paralysie des hôpitaux et centres de santé publics. Malgré cela, le gouvernement n’a pas réagi. C’est alors que les agents de santé ont déclenché une grève reconduite presque toutes les semaines depuis un mois. Cette situation perdure et n’est pas sans conséquences sur les populations qui doivent payer le prix de l’indifférence des gouvernants.

Sur un tout autre plan et dans le secteur de la justice précisément, ça grogne également. Depuis hier, les travailleurs de cette administration ont décidé d’abandonner les bureaux pour manifester leur mécontentement. Il s’agit surtout des syndicats : Syntrajab, Syntra-Justice, Synagojub, Synape-Justice, de l’Unogec et de l’Unp-Justice. Les membres de ces 5 syndicats ont des griefs inscrits en 29 points contre le gouvernement de Patrice Talon. Ces griefs portent notamment sur les conditions de vie et de travail, et bien entendu sur les dernières nominations des greffiers en chef et leurs adjoints. Aussi, dénoncent-ils l’opacité érigée en mode de gouvernance au ministère de la Justice, depuis l’avènement de l’actuel régime.

L’autre secteur dans lequel on pourrait connaître des perturbations les semaines à venir, c’est l’enseignement. Le gouvernement n’a certainement pas encore satisfait à certaines revendications des enseignants, et ces derniers sont sur le pied de guerre. Les responsables de confédérations et centrales syndicales pour ce qui les concerne, annoncent une grève générale dans beaucoup de secteurs d’ici quelques semaines si Talon et son équipe ne prennent pas la mesure de la situation.

Face à tous ces soubresauts, l’écoute et le dialogue deviennent indispensables. Le gouvernement doit accepter d’aller à la table des négociations avec ses partenaires sociaux, pour qu’ensemble ils puissent trouver les solutions idoines. Evitons le pire pendant qu’il en est encore temps.

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