Bénin : «Arayaa pour apprendre à rester en bonne santé», dixit Dr Gbénagnon Adjigbé

Bénin : «Arayaa pour apprendre à rester en bonne santé», dixit Dr Gbénagnon Adjigbé

Sur inspiration de deux jeunes médecins béninois Dr Hashim Hounkpatin et Dr Gbénagnon Adjigbé, puis d’un manager de projets/business Mauriac Ahouangansi, il est créé, en réponse au défaut d’informations sanitaire de qualité au Bénin et ailleurs, une plateforme internet.

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Il s’agit du www.arayaa.com, lancé le 1er mai 2017, et destiné à l’éducation de masse de la population sur les problèmes de santé et autres services, avec pour but « d’impacter le développement du Bénin en contribuant à avoir des citoyens en bonne santé et productifs pour la nation, et d’ouvrir large les horizons de l’e-santé en Afrique ».

Médecin bloggeur avec une formation en plaidoyer pour les ressources humaines en matière de santé, Dr Gbénagnon Adjigbé, l’un des cofondateurs, nous amène à la découverte de son contenu. Interview.

Vous faites partie d’une équipe de bloggeurs. Que venez-vous y chercher en tant que médecin ?

Le médecin, c’est celui qui soigne. Mais il y a une partie importante des soins qui est l’information, parce qu’un patient mal informé ou sous informé peut mettre en péril toute la dynamique des soins. Donc le médecin bloggeur, c’est celui qui écrit sur la santé pour mieux informer les patients, la population en général.

Comment le faites-vous ?

C’est par le biais d’une plateforme dénommée Arayaa. Arayaa signifie littéralement ‘’bien-être’’ en langue yoruba. Le site même, c’est www.arayaa.com. Il a été lancé le 1er mai 2017.

Parce qu’il y avait un déficit d’information sanitaire avec des conséquences sur vos patients et que vous deviez combler par ce canal ?

L’aventure d’arayaa.com est partie d’un constat. Avec la majorité des patients que nous recevons en consultation ou en urgence dans les différentes formations sanitaires, le problème qui se pose beaucoup plus est celui de la mauvaise information.

C’est-à-dire ?

C’est-à-dire que l’information sanitaire existe, mais elle n’est pas de qualité, peu fiable. Par exemple lorsque vous avez les maux de tête, votre voisin vous dit qu’il a utilisé tel médicament la fois dernière et s’est mieux senti ; votre maman vous dit qu’il faut prendre telle chose, ainsi de suite. Il y a beaucoup d’informations médicales qui vous parviennent, mais elles ne sont pas fiables parce que ne sont pas données par des professionnels sur votre cas présent. Donc, le médecin à l’heure actuelle ne peut plus être quelqu’un qui attend dans son bureau que le patient vienne vers lui, mais il doit aller vers le patient. Arayaa est parti de ce constat qu’on ne peut pas laisser les gens toujours tomber dans la maladie, dans la complication des maladies, avant de prendre soin d’eux.

De manière pratique, comment fonctionne le site ?

C’est très simple. Le site à plusieurs parties. Il y a d’abord la partie «Symptômes». Elle renseigne sur les symptômes des diverses maladies. De là, le patient lambda qui dans sa maison à des maux de tête, des bourdonnements d’oreille, du vertige, etc., peut aller rapidement sur arayaa.com, cliquer dans la partie «symptômes» et savoir premièrement à quoi réfèrent ces symptômes, pour qu’on soit sûr de parler des mêmes choses.

Sûr comment ?

Je prends le cas de quelqu’un qui a un vertige qui est défini en médecine par une sensation de mouvements. Le patient a l’impression que c’est soit son environnement qui tourne autour de lui, soit c’est lui tourne autour de son environnement. Quelqu’un qui a tendance à s’évanouir va dire qu’il sent un vertige, or nous on appelle cela plutôt lipothymie. Donc quand le patient dit vertige, ça nous oriente vers autre chose. Donc en fait, il faut qu’on soit sur la même longueur d’onde.

Après cette orientation, que découvre encore le patient dans la partie ‘’symptômes’’ toujours de arayaa.com ?

Deuxièmement, ce sont les différentes causes des symptômes. Et troisièmement, les conduites à tenir et quand aller voir le médecin. Ce sont de simples attitudes pratiques pour éviter des complications. Mais on fait attention à ne pas citer des médicaments parce ça pourrait donner lieu à l’automédication qui est un problème contre lequel on lutte déjà. Faudrait pas que nous-mêmes, on ajoute de l’essence au feu.

Quoi d’autres comme rubriques sur arayaa.com ?

Nous avons ensuite une fenêtre «Maladies». Vous être allé en consultation, le médecin à eu 40 patients, il n’a pas eu le temps de vous expliquer à fond votre maladie. Grâce à la partie «maladie», nous expliquons au patient ce qu’il doit comprendre par cette maladie, l’information qu’il doit avoir à propos. Et il peut aussi poser des questions en direct à un médecin en ligne, car un patient qui comprend mieux sa maladie est beaucoup plus adhérent aux soins.

Aussi, si un patient a besoin d’être orienté vers un spécialiste, la partie «Trouver un médecin» est là avec une liste de médecins par spécialité et par localisation géographique. Enfin, il y a «Actu santé». Ici, c’est des articles sur différents sujets liés à la santé. Il y a d’autres choses auxquelles nous sommes en train de penser également. Par exemple, arayaa est en train de lancer des services de soins à domicile parce qu’on a vu que l’autre problème en plus de la mauvaise information, c’est la difficulté d’accès au médecin. Le patient souvent quand il vient chez le médecin, n’a pas envie de trop attendre avant de le voir, mais si un personnel de soins peut se déplacer vers lui à domicile dans son confort, ce serait formidable.

Une clinique mobile ?

Non, ce n’est pas une clinique mobile.

Ne craignez-vous pas que des gens peu qualités profitent de votre branche de service à domicile pour offrir des soins au nom de arayaa ?

Arayaa est une plateforme sûre. C’est bien encadré. Tous les contours sont pris en compte ; nous garantissons l’expertise de ceux que nous envoyons sur le terrain parce que c’est notre crédibilité qui est en jeu. Arayaa est un vaste réseau de professionnels de la santé. A tout moment il y a un médecin en ligne. Le rôle d’arayaa, c’est l’éducation sanitaire de masse.

Une éducation seulement à l’endroit de ceux qui savent lire et écrire, qui disposent d’un androïd et qui ont accès à l’internet !

Non. Araya, c’est aussi des campagnes vers les zones reculées pour pouvoir sensibiliser et impacter le plus de monde. De toute façon, le phénomène androïd est irréversible.

Quelle est alors votre ligne ?

Je préfère être un médecin qui impacte un million de personnes par arayaa, qu’un médecin qui reçoit 100 patients en consultation. Le bon médecin n’est pas celui qui soigne seulement les maladies, mais c’est aussi et surtout celui qui enseigne à son patient comment ne pas tomber malade… C’est quelqu’un qui empêche la maladie de survenir, qui donne au patient les capacités qu’il faut pour prévenir sa maladie, lui permettant d’économiser les sous de la maladie pour autre chose et de demeurer productif. C’est un facteur important pour le développement de la nation.

Merci.

Commentaires

Commentaires du site 1
  • Avatar commentaire
    Rosalind TOYI 4 semaines

    Je suis vraiment content de vous.si vous pouviez le faire comme l’aviez annoncer ,ce serait très bon et la maladie diminuera dans le pays. Que dieu vous bénisse