Ebola : l'OMS sonne l'alerte face au variant Bundibugyo, souche sans vaccin

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré dimanche 17 mai que l’épidémie d’Ebola sévissant en République démocratique du Congo (RDC) et en Ouganda constitue une « urgence de santé publique de portée internationale » (USPPI), soit le deuxième niveau d’alerte le plus élevé prévu par le Règlement sanitaire international. La décision a été annoncée par le directeur général de l’agence onusienne, Tedros Adhanom Ghebreyesus, qui a précisé que la flambée ne répond pas, à ce stade, aux critères d’une urgence pandémique — palier introduit en 2024.

Une souche sans vaccin ni antiviral homologué

Le foyer, confirmé vendredi 15 mai en province d’Ituri, au nord-est de la RDC, est provoqué par la souche Bundibugyo, identifiée pour la première fois dans l’ouest de l’Ouganda en 2007. Selon Al Jazeera, il s’agit seulement de la troisième apparition documentée de ce variant en RDC et en Ouganda, deux pays qui ont pourtant connu plus d’une vingtaine d’épisodes liés au virus Ebola. Aucun vaccin homologué ni traitement antiviral spécifique n’existe contre cette souche, à la différence de la souche Zaïre, identifiée en 1976, contre laquelle plusieurs vaccins sont disponibles.

Le ministre congolais de la Santé, Samuel-Roger Kamba, a indiqué que la létalité de Bundibugyo « peut atteindre 50 % », un taux inférieur à celui de la souche Zaïre, situé entre 60 et 90 % selon l’OMS.

Un premier cas remontant au 24 avril

D’après les autorités sanitaires congolaises, le patient zéro serait un infirmier qui s’est présenté le 24 avril dans un établissement de santé de Bunia, capitale provinciale de l’Ituri, avec des symptômes compatibles avec la maladie. Le Centre africain de prévention et de contrôle des maladies (Africa CDC) recensait samedi 88 décès et 336 cas suspects, tandis que l’OMS faisait état au 16 mai de huit cas confirmés en laboratoire et de 246 cas suspects dans la province.

L’Ouganda a confirmé deux cas importés à Kampala, dont un décès, tous deux concernant des voyageurs récemment revenus d’Ituri. Selon Al Jazeera, les deux cas ne paraissent pas liés entre eux.

Recommandations de l’OMS et suite du dispositif

L’OMS a déconseillé toute fermeture de frontières et toute restriction commerciale, estimant que ces mesures « n’ont aucun fondement scientifique » et pourraient pousser les déplacements vers des itinéraires non contrôlés. L’agence recommande l’isolement immédiat des cas confirmés, le suivi quotidien des contacts, un dépistage aux principaux points de passage frontaliers et l’absence de voyages internationaux pendant 21 jours pour les personnes exposées — durée maximale de la période d’incubation.

Un comité d’urgence du Règlement sanitaire international doit être convoqué « dès que possible » pour formuler des recommandations temporaires. Il s’agit de la 17ᵉ épidémie d’Ebola en RDC depuis l’identification du virus en 1976.

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