Bénin : Le gouvernement Talon réfractaire au dialogue et à la concertation

Bénin : Le gouvernement Talon réfractaire au dialogue et à la concertation

Avec la crise sociale qui a secoué le Bénin vers la fin du règne de Boni Yayi, il était clair qu’avec Patrice Talon les erreurs du passé seraient corrigées par une meilleure gouvernance.

An 1 de gouvernance Talon au Bénin : L’analyse de Dr Albert Hounou

Malheureusement, la nouvelle administration n’est pas à l’écoute du peuple. Une situation qui aggrave davantage la crise dans le pays, avec des remous dans nombre de secteurs vitaux.

L’un des reproches faits à l’actuel régime, c’est le manque de dialogue et de concertation dans le processus de prise décision.  Le régime Talon a peut-être des qualités dans plusieurs domaines, mais sa plus grande faiblesse porte sur son aversion pour le dialogue et la concertation. Il peine à combler les attentes. C’est d’ailleurs ce qui explique la crise sociale dans laquelle est plongé le Bénin depuis des mois. Or, il est un fait incontestable voire indiscutable que le dialogue social et même politique est d’une grande importance dans un système démocratique comme celui du Bénin.

Les faits parlent d’eux-mêmes. Le premier grand échec politique de Patrice Talon reste jusqu’à ce jour le rejet de la recevabilité du projet de révision de la Constitution du 11 décembre 1990, par les députés de la minorité parlementaire. Si ce document que d’aucuns qualifient d’acte de naissance du Bénin a été retourné à son envoyeur, c’est parce qu’il n’y a pas eu de large consultation. L’avis des spécialistes, des personnalités d’un certain rang, et surtout du peuple, a en effet été occulté. Après, d’autres réformes, décisions ou mesures de grande portée ont suivi, sans que les acteurs sociaux ou partenaires de premier plan n’y soient associés. Et pourtant, il existe un creuset officiel d’échanges entre le gouvernement et les partenaires sociaux : le conseil national du dialogue social. La gestion déléguée, la mise en affermage de certaines sociétés ou offices d’Etat, a été décidée par le gouvernement qui préfère souvent foncer droit dans le mur. Peu importe les conséquences de ces réformes.

Depuis des semaines, les agents de la santé sont en grève. Les disciples de Saint Luc s’opposent à la façon dont le gouvernement veut entreprendre les réformes dans le secteur. Théophile Dossou un responsable syndical de la santé, estime que la commission que les autorités veulent mettre sur pied est un club d’amis et proches du chef de l’Etat. Les vrais acteurs concernés seraient écartés et il exige leur implication dans les réformes qui se feront.

Le 13 octobre dernier, le front pour un sursaut patriotique (Fsp) a organisé un géant meeting à la bourse du travail, pour exiger la réunion immédiate des assises nationales. Les membres de ce creuset estiment que Patrice Talon a échoué en plus d’un an de gestion, et que la solution aujourd’hui c’est de rassembler le peuple.

Dans les universités publiques, ça grogne actuellement. Enseignants et étudiants dénoncent la méthode utilisée par l’Exécutif pour la restauration des frais d’inscription dans les facultés classiques. Selon Alain Nouho, président de l’union nationale des étudiants du Bénin, ils ne sont pas contre le payement des frais d’inscription. Mais Ils jugent stalinienne la méthode qui a consisté à décider sans consultation aucune, de l’instauration de la période et des coûts.

Le secrétaire général du syndicat autonome de la recherche et de l’enseignement supérieur (Synares), estime pour sa part qu’il aurait fallu à l’issue du séminaire de Bohicon, réunir les principaux acteurs en commission restreinte pour débattre de la question, étant donné que le consensus n’a pas été obtenu sur le montant de cette inscription.

Comme dans ces quelques cas cités, il est souvent reproché aux dirigeants actuels de ne pas privilégier le dialogue. Patrice Talon et les seins sont visiblement réfractaires au dialogue et à la concertation. On ne fait pas le bonheur d’une personne contre sa volonté. Il va donc falloir que le régime change sa méthode de gouvernance et qu’il apprenne à écouter le peuple pour avancer

Commentaires

Commentaires du site 7
  • Avatar commentaire

    Mr AVOKPE, tous les médecins et les sages-femmes ne sont pas les mêmes.Si tu as eu à faire une mauvaise expérience, pas généraliser.Allez voir les conditions de vie et de travail de ceux qui sont dans la fonction publique.

  • Avatar commentaire
    Paul Ahéhénou 3 semaines

    Ce n’est pas étonnant. L’homme était un chef d’entreprise, un Patron. Combien de patron d’entreprise avez-vous vu qui érige le dialogue en mode de gouvernance de leur entreprise? “Le Patron a dit”. Point final.
    Or on est dans une république de 10 millions d’âmes qui ont le même droit, et surtout le pouvoir souverain. Talon oublie cela.
    M. Talon: les relations qui vous lient au peuple n’est pas celles de Patron à Employé. Sachez-le bien.

  • Avatar commentaire
    ALLOMANN 4 semaines

    Quelles sont les dividendes que les béninois ont tiré du “démocratisme” en vigueur dans notre pays depuis la Conférence Nationale de 1990, si ce n’est la pagaille, la politicaillerie (plus de 200 partis politiques), la stagnation économique et sociale fruit d’une corruption galopante et sans fin des fonctionnaires…… Et vous voulez que cela continue comme ça???.. Voyez-vous, on meurt autant dans nos hôpitaux et centres de santé que les agents de santé travaillent ou sont en grève. C’est du pareil au même… Ce qui signifie que leur présence n’impacte en rien de façon positive la santé des populations, ce qui explique la vitalité de la medecine parallèle ou traditionnelle et les faux médicaments….Autant ignorer ces agents et entreprendre les réformes salutaires qui attendent depuis 50 ans… On connait l’état des lieux dans la santé, on sait ce qui marche sous d’autres cieux… A-t-on besoin de perdre du temps en palabres pour assainir ce secteur pourri ???

    • Avatar commentaire
      aziz 3 semaines

      Pour changer les choses…positivement..dans un pays comme le notre…deux philosophies s’opposent..de façon sournoise..

      Le réformisme et le radicalisme…

      Le premier..consiste à changer les choses de façon progressive..séquentiellement..

      Celà demande de la pédagogie,du tac et surtout..exige des gens..qu’ils adherent volontairement..aux changements…de façon librement concenti

      Je n’aime pas cette méthode..puisque les plus malins..trouveront toujours les moyens de contourner les lois,les régles établies..

      Le radicalisme..lui consiste…à changer brutalement les choses…quitte à utiliser la coercition….

      J’aime cette méthode…car elle convient parfaitement à nos états d’esprits

      Je sais que gbeto…va encore tirer sur moi…en me taxant de hitler, staline,ou mussolini…peu importe

      Dans le cas d’espèce..je souhaite…que talon utilise..cette methode..s’il veut rendre service au benin

      Les fonctionnaires…doivent etre mis aux pas…

      c’est mon avis

    • Avatar commentaire
      AVOKPE 3 semaines

      Merci. Bien dit.
      J’ai de la peine à me rendre à l’hôpital.
      Comment va ton insulter un malade.
      Ce n’est pas forcément les médicaments seuls qui guérissent.
      Le moral en joue un rôle important.
      Ils se croient tout permis.
      Les plus impoli des fonctionnaires au Bénin sont des médecins pour ne pas dire les sage femmes.

  • Avatar commentaire
    Sourou 4 semaines

    Que voulons-nous ? Nous avons cherché et nous avons trouvé ! Encore peu de temps et le vrai visage de TALON sera connu de tous et sans aucun doute.

    • Avatar commentaire
      osca 3 semaines

      tu ne connais pas encore le vrai visage? C’est la conviction et la ferme volonte de ne pas etre mediocre.