Le samedi 14 octobre 2017, Women Agrobusiness Promotion Projet (WAP) a organisé une conférence débat pour célébrer la journée mondiale de l’alimentation qui a lieu le 16 octobre de chaque année. C’était autour du thème : « la vulgarisation de masse et la sécurité alimentaire en milieu rural : rôle des journalistes ». Elle a regroupé quatre panélistes : professeur Joseph Hounhouigan, doyen de la FSA ; Professeur Rock Mongbo, Secrétaire Permanant du Conseil national de l’alimentation et de la nutrition, Dr Paul Houssou, Chef Programme Technologie agricole et alimentaire et de  l’INRAB, ainsi que des journalistes, des enseignants-chercheurs et des étudiants.

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«La sécurité alimentaire est une notion complexe qu’on peut essayer de décomposer en quatre notions simples : la disponibilité de l’aliment, son accessibilité physique et économique, sa stabilité en terme de coût et de disponibilité, et son utilisation », explique Professeur Hounhouigan, spécialiste des sciences alimentaires. Ainsi définie, il assure que le Bénin n’est pas en insécurité alimentaire ; il est en précarité alimentaire. En effet, fait-il remarquer, il suffit d’un petit choc (inondation ou sécheresse trop longue) pour qu’une grande partie de la population tombe en insécurité alimentaire.

Professeur Rock Mongbo, Secrétaire Permanent du Conseil national pour l’alimentation et la nutrition du Bénin, en approuvant les propos du Professeur Hounhouigan, a souligné qu’il faut faire une différence entre sécurité alimentaire et sécurité nutritionnelle. Au niveau de cette deuxième composante, les nouvelles ne sont pas très bonnes. 10 Béninois sur 100 souffrent de malnutrition. Pis, 3 enfants de 0 à 5 ans sur 10 sont malnutris.

« Au Bénin, les conditions sont réunies pour assurer les 4 composantes de la sécurité alimentaire. Il existe des ressources humaines, des technologies appropriées pour la production et la transformation », a fait observer le Dr Paul Houssou, Chef Programme technologie agricole et alimentaire (PTA), à l’Institut national des recherches agricoles du Bénin (INRAB).

Quid de la contribution du journaliste à la sécurité alimentaire

Présente parmi les panélistes de cette conférence-débat, Delphine Bousquet, représentante de Radio France internationale (RFI) au Bénin, a partagé ses expériences de reportage sur les thématiques de l’alimentation.

Les autres panélistes, scientifiques, ont apprécié la pertinence des thèmes qu’elle aborde dans ses reportages. Se référant au thème de la conférence-débat, ils ont indiqué que pour eux, le rôle du journaliste dans la vulgarisation de masse pour la sécurité alimentaire ne s’arrête pas en milieu rural, mais s’étend jusqu’en milieu urbain parce que la grande quantité de ce qui est produit dans les campagnes est destinée aux milieux urbains. Surtout qu’en ces lieux, beaucoup d’habitudes alimentaires se perdent sans qu’on n’y fasse attention. Le risque encouru qu’il faut travailler à éviter, c’est de tomber dans un système où les pratiques alimentaires n’ont plus besoin des productions locales. Dans ce cas, les paysans auraient produits en vain et le pays serait totalement dépendant de l’extérieur.

Les journalistes ont quant à eux déploré l’inaccessibilité ou la non-disponibilité des scientifiques quand ils sont sollicités. Les scientifiques sur la question ont expliqué qu’entre les activités de recherche et académiques, ils n’ont souvent que peu de temps. Cependant,  leur grande difficulté à collaborer avec les journalistes reste les factures que leur adresse les rédactions chaque fois qu’elles sont sollicitées pour vulgariser les résultats de travaux de recherche.

Après les discussions, les deux parties ont convenu de faire des efforts au bénéfice de la population qui a le droit à l’information.

La conférence-débat modérée par Honoré Benjamin Nahum, Rédacteur en Chef de Soleil Fm, a pris fin par la vente à l’américaine du premier numéro du magazine « Gléssi ».

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6 Commentaires

  1. Avec nos choix et politiques irrationnels, nous creons ces situations pareiles de malnutrition.

    Le gouvernement prefere les droits de douane sur les exportations et importations en amont aux impots sur le revenu (BIC) a percevoir en aval en promotant la production nationale a travers des cooperatives et entreprises agricoles.
    Une planification a court terme en fait.

  2. Nos bien aimés prof et scientifiques…spécialistes…en rien du tout n’osent pas dire que c’est la culture du coton…qui enrichie quelques uns…qui est à la base…de la malnutrition..

    Sans compter les dégats sur l’environnement (produits phito qui ont tout polué)…meme la quantité et la qualité des spermatozoides de nos braves paysans

    Et dire…qu’un paysan…ne peut plus niquer..sa femelle..3 fois par semaine…comme c’est admis

    Ou va t on….???

  3. “pas en insécurité…en précarité”, “différence entre sécurité alimentaire et…nutritionnelle”.

    Excusez la familiarité du propos mais d’ici ça donne: “de l’art d’enc… les mouches”.
    Sans manquer de respect aux états de services des professeurs.

    Qu’est-ce qu’ils en pensent eux ? “10%….souffrent de malnutrition. Pis, 3 enfants de 0 à 5 ans sur 10…malnutris”

    • La différence entre insécurité et précarité alimentaire est toute simple.
      La précarité implique le Manque (En terme de quantité et qualité) alors que insécurité n’implique pas forcément le manque mais fortement la qualité

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