L’examen de passage de la “CNPE”

L’examen de passage de la “CNPE”

Peut-on soumettre un gouvernement aux épreuves d'un examen de passage ? Comme si on avait affaire à des élèves. Comme on le ferait avec nos étudiants. Affirmatif. On peut bel et bien soumettre un gouvernement aux épreuves d'un examen de passage.

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Mais au prix d’une inversion symbolique. La salle d’examen serait le pays tout entier. L’examinateur serait le peuple souverain. Les sujets à traiter porteraient sur la gouvernance et la capacité managériale du gouvernement.

Les résultats seraient moins des dithyrambes flatteurs ou des récriminations amères. On opterait pour des propositions constructives : un bouquet d’idées destinées à améliorer l’existant. Enfin, le nom de cet examen pourrait être “CNPE”

C comme communication. Nous l’avons déjà dit : le talon d’Achille du gouvernement du “Nouveau départ”, c’est la communication.  Soit on communique peu. Soit on communique mal. Au finish, on déroule le tapis rouge aux réseaux sociaux qui désinforment et intoxiquent à souhait. On se drape de silence, alors que le public a faim et soif de savoir et de comprendre. Ce n’est pas dans l’intérêt d’un gouvernement de ne pas dire ce qu’il fait ou de ne pas faire ce qu’il dit. Ce n’est pas non plus dans l’intérêt d’un gouvernement, oubliant que la nature a horreur du vide, d’ouvrir une autoroute à la rumeur ou de donner à des opposants supposés des verges pour se faire fouetter. La bataille de la communication et pour la communication est à engager. Elle est à gagner.

N comme négociation. Le gouvernement a ouvert plusieurs chantiers. Il en ouvrira d’autres. Ces chantiers, pour bénéfiques qu’ils soient pour le Béninois et le Bénin, ne sont pas moins potentiellement chargés de problèmes : conflits d’intérêts, télescopage des visions, diverses frustrations…Il faut libérer ces chantiers de toutes pesanteurs afin de les conclure de la meilleure manière qui soit. Cela impose au gouvernement la seule et unique option qui vaille : la négociation. On ne construit plus de grandes infrastructures sans des études d’impact environnemental. On ne devrait plus, de même, ouvrir de grands chantiers de développement sans des études d’impact humain.  Il y a lieu de dédommager, d’accompagner, de soulager, de construire des compromis dynamiques. On n’y arrive jamais par la force, mais par la négociation. Cela appelle une grande capacité d’écoute, de réelles qualités de persuasion, de l’empathie. Le tout avec, autant que possible, une bonne dose de sincérité et de bonne foi.

P comme participation. Nous avons défini le leader comme celui ou celle qui veut aller quelque part, mais qui s’interdit d’y aller tout seul. Il sait mettre en place et en mouvement les moyens et les stratégies nécessaires pour y amener avec lui les autres. Tous nos chantiers de développement doivent s’animer de la participation active et permanente de tous. Il ne s’agit pas d’encombrer nos chantiers de citoyens badauds qui n’ont rien à y faire. Il s’agit plutôt d’impulser une dynamique d’appropriation citoyenne de ce qui se fait pour le pays et dans l’intérêt du pays. Pour prendre un exemple, nos populations organisées et au nom du principe de contrôle citoyen de l’action publique, auraient pu exiger un droit de regard sur les travaux de la construction du siège de l’Assemblée nationale. A défaut de quoi, nous avons hérité d’un éléphant blanc. Ce monument dit de la corruption insulte la capitale constitutionnelle de notre pays. Il crache sur le Bénin tout entier. Comme quoi, la participation des populations ne saurait être facultative. Elle n’est pas à marchander. Elle est une nécessité.

E comme évaluation. Quand le Programme d’Action du gouvernement (PAG) ne sera plus une déclinaison de rêves et d’ambitions mais une réalité tangible dans notre vie quotidienne, restera à en évaluer les résultats. Nous devons nous imposer le devoir de nous asseoir, décideurs, acteurs, commanditaires, bailleurs, usagers et bénéficiaires à divers titres. Qu’avons-nous appris de la convergence de nos compétences, de la complémentarité de nos différences ? Qu’avons-nous eu à partager comme expériences ? De quels types de blocages ou d’obstacles avons-nous eu à faire face ? Quelle moisson de données nouvelles avons-nous fait pour aborder nos prochains chantiers avec plus d’efficacité (optimisation des résultats), avec plus d’efficience (capacité de rendement).

L’examen est à son terme. Le temps imparti pour traiter le sujet est épuisé. Le gouvernement est invité à rendre sa copie. Les résultats suivront. A bientôt !

Commentaires

Commentaires du site 1
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    GbetoMagnon 4 semaines

    Le principe est bien celui là, qui fonde et anime une démocratie.

    J’ai pour ma part trouvé que le “présidomètre” était un mètre étalon particulièrement clair , concis et objectif.

    évaluer l’action gouvernementale et la gouvernance à l’aune de ses propres engagements.