Lundi de service : La ponctualité peut être aussi Béninoise

Lundi de service : La ponctualité peut être aussi Béninoise

J’avais un rendez-vous confirmé avec un « grand » responsable d’une  « grande » institution de notre pays le Vendredi dernier. Arrivée dans son bureau, cinq minutes avant l’heure, je lui envoie un message pour l’informer de ma présence.

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Devinez quoi ? Je suis restée deux heures dans la salle d’attente sans qu’il ne me reçoive, ni répondre aux trois messages que je lui ai faits. En temps normal, je serais partie au bout de 15 minutes d’attente, mais là j’ai voulu aller jusqu’au bout pour mieux appréhender les choses. Comble de l’histoire, ce « grand » Monsieur n’a toujours pas envoyé de message d’excuse à l’heure où j’écris ces lignes.

Au Bénin et dans la plupart des pays d’Afrique, cette histoire n’a malheureusement rien d’exceptionnel, parce qu’être ponctuel ne fait simplement pas partie de nos habitudes. Le retard est partout : réunions, travail, évènements, rendez-vous, concerts, bref partout et en tout.

Est-ce vraiment trop demander aux Béninois que d’être ponctuels ? Le retard s’est malheureusement inscrit en normalité. J’ai parfois l’impression que pour certaines personnes, être en retard, se faire attendre, satisfait leur égo…

Pourquoi frimer avec des montres de grande marque si nous ne sommes pas capables d’en faire usage pour être ponctuels ? Et pourtant, le temps est l’une des choses les plus équitables sur cette terre. Partout dans le monde, il y a vingt quatre heures dans une journée.

La ponctualité est devenue une denrée très rare au Bénin parce que malheureusement, nous trouvons tous des excuses pour chaque retard. L’habitude au retard dénote tout simplement d’une mauvaise organisation. Etre ponctuel est un signe de respect, de courtoisie, de savoir-vivre.

Le temps est une denrée précieuse et toute minute gaspillée implique une perte de productivité, et donc d’autres implications qui pourraient être financières, puisqu’on dit souvent « Time is Money » : le temps c’est de l’argent.

Bien que le retard soit aujourd’hui encré dans nos habitudes, je reste persuadée qu’avec un peu d’organisation et de rigueur, nous pouvons y remédier. Reconnaissons que de l’utilisation rationnelle du temps, dépend notre efficacité, la productivité du système dans lequel nous sommes, et au delà de celle de notre environnement. Etre ponctuel impacte positivement les gens avec qui nous interagissons.

Voici brièvement  quelques conseils pour éviter d’être toujours en retard. Et même s’ils paraissent évidents pour beaucoup, il me semble important de les rappeler.

  1. Planifier vos journées avec des agendas, vos téléphones intelligents, etc. En bref, notez vos rendez-vous parce que cela leur confère un aspect presque contractuel vis à vis de vous même.
  2. En planifiant vos journées, laissez vos agendas aérés de façon à pouvoir réajuster en cas de besoin. Ne mettez pas deux rendez-vous qui se suivent la minute près.
  3. En cas de perturbation dans votre programme, (parce que cela peut arriver et ceci pour des raisons souvent indépendantes de votre volonté), surtout communiquez avec les gens que vous étiez censé rencontrer. Même si c’est juste pour dix minutes de retard, prévenez-les.
  4. Faites au quotidien l’effort de refuser la médiocre excuse de ‘’l’heure Béninoise’’, qui n’a pour mérite que de dénigrer nos valeurs et notre culture Africaine. D’ailleurs, je considère cela comme très péjoratif.

La tendance culturelle à être en retard ou l’expression « les blancs ont l’heure, les africains ont le temps », démontre plutôt notre attitude trop détendue, pas sérieuse, pas organisée, pas rigoureuse, et de notre laisser-aller. Je suis d’ailleurs très impatiente d’assister à des réunions ou évènements au Bénin, qui commenceront à l’heure et auxquels les retardataires remarqueront qu’ils ont raté l’essentiel.

L’Afrique, en dépit de ses riches ressources, reste encore pauvre en raison de la façon dont nous gérons le temps. Le temps devrait représenter de l’argent pour nous, et de ce fait nous devons essayer de l’utiliser avec intelligence et conscience ; et surtout ne pas le faire perdre aux autres.

Harvey Mackay, un grand auteur Américain dit ceci :

« Le temps est gratuit mais n’a pas de prix,

Vous ne pouvez le posséder mais vous pouvez l’utiliser,

Vous ne pouvez le conserver mais vous pouvez le dépenser,

Une fois perdu il ne peut jamais être retrouvé. ».

Agréable semaine de ponctualité à nous tous.
Tous pour l’amélioration des services au Bénin.

L’auteur est Consultant/Formateur en Qualité de Service et Directrice de
Publication de www.theservicemag.com
[email protected]

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