Affaire Laurent Mètongnon : « la détention de notre client ne se justifie plus »

Affaire Laurent Mètongnon : « la détention de notre client ne se justifie plus »

Ce sont les propos qui résument la sortie du collectif des avocats de Laurent Mètongnon au cours de la déclaration de presse qu’ils ont organisée hier mercredi 22 novembre 2017 à la bourse du travail.

Bénin: Le domicile de Laurent Mètongnon perquisitionné

Les trois avocats présents dont : Me Amos Akondé, Me Alfred Bocovo et Me Baparapé, ont expliqué à l’assistance les raisons pour lesquelles ils estiment que le débat est clos et que la poursuite de la détention de leur client est à ce jour infondée.

Me Baparapé est parti de la décision du conseil des ministres du 1er novembre qui a rendu publique l’affaire de placements hasardeux de la Cnss auprès de la Bibe. Il a rappelé que le conseil des ministres avait instruit le ministre de la justice à engager des poursuites judiciaires contre les mis en cause, parmi lesquels Laurent Mètongon, alors Pca de la Cnss. Celui-ci a contacté le procureur de la république, qui à son tour a saisi la brigade économique et financière Bef, pour ouvrir une enquête. C’est dans ce sens que Laurent Mètongnon a été convoqué le vendredi 17 novembre 2017 à 10h. Il a été auditionné ce jour à 10h30 mn, et est gardé là bas jusqu’à 22h pour la séance de confrontation. Ce n’est qu’à minuit 45 mn qu’il a été informé de sa garde à vue, laquelle a été prorogée selon Me Baparapé jusqu’à demain jeudi.

Les révélations des auditions et confrontations

Sur l’audition, Me Baparapé rapporte qu’au cours de la confrontation entre Laurent Mètongnon et l’ancien administrateur provisoire de la Bibe à la Bef, ce dernier a avoué aux enquêteurs contrairement aux allégations du conseil des ministres faisant état de 71 millions de commissions occultes, qu’il n’a jamais rencontré personnellement Laurent Mètongnon et qu’il lui a plutôt fait parvenir par personne interposée, la somme de 2.500.000frs et un carton de champagne. Me Baparapé poursuit que le prétendu intermédiaire de l’administrateur provisoire de la Bibe, interrogé à son tour, a dit n’avoir jamais rien reçu de cet administrateur à remettre à Laurent Mètongnon. Avec ses témoignages, Me Baparapé, rapporte : « nous conseil, avons estimé qu’à cette étape de la procédure, le débat est clos, que le dossier est vide et la détention de notre client ne se justifie plus ». Mais c’est avec surprise que les avocats de Mètongnon ont plutôt constaté la décision de la perquisition de son domicile le dimanche 19 novembre 2017 à Cocotomè.

Des appréhensions légitimes

A propos de cette perquisition, Me Amos Akonde a émis quelques réserves. Il décrie le fait que des documents que la police a emportés du domicile de Laurent Mètongnon n’ont rien à voir avec l’affaire Cnss. Il se demande ce que la police veut en faire ? Avançant l’hypothèse que par manque de preuves compromettantes sur l’affaire Cnss, ces derniers exploitent les documents emportés pour créer un prétexte et garder encore Laurent Mètongnon en détention. Il se rappelle d’ailleurs des tentatives de la police à la Bef de restreindre la défense de leur client. C’était le vendredi de son audition. D’abord à l’arrivée des avocats, puis après sa déposition. Les éléments voulaient le placer dans une salle d’isolement sans ses avocats, et enfin lors de la séance de confrontation, les enquêteurs voulaient encore écarter les avocats.

Il rapporte qu’à chaque fois, n’eut été la détermination du collectif des avocats, les enquêteurs les auraient déroutés. De ce qui précède, il estime que c’est une affaire louche qui est conduite avec opacité. Me Bocovo quant à lui est revenu sur les rapports incestueux entre la justice qui doit rester neutre et le pouvoir. Son argumentaire se fonde sur l’attitude des magistrats qui prorogent la garde à vue de leur client alors que tous les chefs d’accusation qui pesaient contre lui sont battus en brèche. C’est pour cela qu’il appelle à ce que le peuple tout entier reste vigilent pour dire non à l’arbitraire, au retour de la dictature et à la perte des acquis de la démocratie qui font de la liberté un principe et de la détention une exception

Commentaires

Commentaires du site 1
  • Avatar commentaire
    OLLA OUMAR 3 semaines

    Entre ce gouvernement et la justice en ce moment , c’est plus qu’un rapport incestueux , c’est du ” niquage ” à volonté .
    Au fait , où se trouve en ces moments d’acharnement  judiciaire grotesque  contre le camarade metognon, l’autre camarade todjinou ? Peut-être est-il allé ranger sa ” voiture sans assurance , dans le garage de talon , tout comme kassa l’a fait avec l’argent de l’eau des beninois à eux donné par les hollandais ” 😡