Togo : Vers la revalorisation de Kamina, ancienne base militaire allemande

Togo : Vers la revalorisation de Kamina, ancienne base militaire allemande

Sous l’initiative de Samuel Olou, artiste plasticien à double nationalité togolaise et norvégienne et sous la coordination de Constantin Alihonou, artiste Bénino-Togolais, le projet ‘’Kamina Artists and Researchers Residency Plateform (KARP), suit son cours depuis deux ans.

Le dialogue inter-togolais est-il en train de s’enliser ?

Ce projet vise à redonner vie au site ayant abrité la station radio de transmission allemande aux temps coloniaux à Kamina, une localité togolaise, situé à 7 kilomètres d’Atakpamé, une ville du Togo. Des artistes du monde s’engagent pour redonner vie à Kamina. Le projet KARP initié par Samuel Olou et conduit par Constantin Alihonou, répond parfaitement au besoin de faire connaître au monde l’histoire rocambolesque, de cette petite localité du Togo.

En effet, ce projet comme son nom l’indique, plateforme de résidence pour artistes et chercheurs, vise à transformer cet ancien centre d’émetteur allemand en un site touristique et de recherches artistiques et historiques, où les artistes et historiens de tout bord pourront faire résidence. C’est un projet planifié sur 10 ans et qui est toujours dans sa phase expérimentale. Ainsi, depuis douze mois des artistes plasticiens du monde sont sur le site pour lui redonner vie.

En 2016, le projet a connu la participation d’artistes comme Cassius Fadlabi (Soudan/Norvège), Josée Toffah du Togo, Lars Cuzner (Canada/Suisse), Victor Mutekelesha de la Zambie, Constantin Alihonou (Togo/Bénin), Anders Juan Milanes Benito de Cuba, Rebecca Odjo-Favi du Bénin, Claver Agbo du Ghana, et Samuel Olou du Togo. Cette deuxième édition (2017), a enregistré la participation effective 12 artistes de différentes nationalités. Il s’agit de Segbaya Henri Kokou, Jules Cesar  Dagoh, Rougoualya Yasmine Yérima et Adotévi Ekue, tous du Togo ; Rebecca Odjo-Favi et Alofan G. Alihossi du Bénin, Ray Claver Agbo du Ghana, Astrid Runde Saxegaard de la Norvège, Shwan Dler Qaradaki (Kurdistan/Norvège), Constantin Alihonou (Togo/Bénin), Isaac Kojo Biney Aggrey du Ghana et Samuel Olou (Togo/Norvège).

D’envergure internationale, le projet Karp une fois dans sa phase de réalisation, se veut être l’apanage des artistes, chercheurs et historiens du monde entier. Car pour les promoteurs, depuis Kamina le monde doit avoir une autre perception de l’Afrique d’une façon générale.

La valorisation de Kamina, épopée des temps coloniaux, est une façon pour les initiateurs du projet de conserver l’histoire et de la faire connaitre aux générations futures. Kamina sera donc un musée à ciel ouvert où les touristes de par le monde pourront venir se distraire, tout en apprenant, les artistes viendront puiser leur inspiration, les chercheurs ouvrir leurs esprits et les historiens retracer les faits pour l’éternité.

Retour sur l’histoire de Kamina

Pour la petite histoire, Kamina est le site de l’ancienne base militaire allemande au Togo. Entre  1911 et 1914, les Allemands y ont construit un centre émetteur de télégraphie sans fil. Cette station de radio transcontinentale servait de lien entre les colonies allemandes et pour établir une liaison entre ces colonies et la métropole. Il faut dire que la construction de la station a commencé à Anié, village situé à 30 km au nord d’Atakpamé. Mais les travaux ont été arrêtés à cause d’un cyclone qui a dévasté le chantier et finalement le choix fut porté sur Kamina, un endroit moins exposé et situé à quelques kilomètres du même Atakpame. La première étape des travaux a consisté en la construction de 3 antennes en acier de 75 m de hauteur, à l’été 1912, ensuite 6 autres antennes en acier ont été dressées. A côté du bâtiment central d’émission, on avait construit une centrale électrique avec deux machines à vapeur (d’une puissance de 1000 CV), un collecteur hydraulique pour le remplissage des chaudières, un appareil pour l’épuration de l’eau, la tour de refroidissement, le réseau des puits, des pompes et des logements en dur pour le personnel. Toute la station de Kamina a été construite sur une surface d’environ 4 km2. La puissance d’émission était de 100 KW, la longueur d’onde était 3500m à 9500m pour l’émission, et de 200m à 14000m pour la réception. L’émetteur était directement relié dès le 1er avril 1914 à la station radio de Nauen, près de Berlin, à une distance de 5200 km, et au sud avec la station de Windhoek, en actuelle Namibie, et bien sûr avec les navires allemands dans l’Atlantique. La station de télégraphie sans fil était encore en construction quand la première guerre mondiale a éclaté. Les Allemands attaqués par les Français venant de l’est et par les Anglais du côté ouest, ont fait sauter la station de Kamina dans la nuit du 24 au 25 août 1914, avant de capituler le 27 août 1914.

Les ruines du centre émetteur de l’époque coloniale allemande se trouvent encore aujourd’hui à Kamina.

Vivement que ce projet trouve une attention particulière de la part des autorités togolaises

Commentaires

Commentaires du site 1
  • Avatar commentaire
    OLLA OUMAR Il y a 5 mois

    Qu’ils en ont de la chance nos frères togolais , marche de l’opposition qui n’en finit pas , activité commerciale au ralenti mais des considérations sur le plan international ; preuve , film sur le vaudou de notre compatriote Simon houssou en avant 1 ère au Togo etc benin , mon benin qu’es tu devenu avec ces gens dits r.u.p.t.u ……à ta tête 😡😡😡