2017 au Bénin : Une année sur fond de tensions sociales

2017 au Bénin : Une année sur fond de tensions sociales

L’année 2017 au Bénin, aura été marquée par de nombreux mouvements de contestation, menés par les centrales et confédérations syndicales contre plusieurs actions et décisions du gouvernement de la rupture.

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Un climat assez tendu qui aujourd’hui dégrade le dialogue entre les deux parties, au point où les partenaires sociaux ont décidé de suspendre leur participation aux activités du Cnds.

Le dialogue social semble actuellement dans un état critique au Bénin. Et si les années antérieures syndicats et gouvernement sont arrivés malgré les divergences à trouver un terrain d’entente, cette option semble aujourd’hui reléguée au second plan par le régime dit de la rupture. Malgré la mise en place du Conseil national pour le dialogue social (Cnds), le dialogue est en effet aujourd’hui délétère entre syndicats et gouvernement. Pour cause, les partenaires sociaux estiment qu’ils ne sont pas écoutés par l’exécutif, qui affirment-ils, prend des décisions, annonce des réformes avec des incidences sur les travailleurs, sans les concerter auparavant. Une affirmation que réfute ce dernier. Le malaise s’est fait ressentir tout au long de l’année qui tire à sa fin, par des marches, des sit-in et d’autres mouvements de contestations des organisations syndicales, dans presque tous les secteurs d’activité.

Des Contestations tous azimuts

Les plus grandes contestations qui auront duré dans le temps et incité le Chef de l’Etat lui-même à intervenir pour calmer un temps soit peu les partenaires sociaux, sont celles du collectif des syndicats du secteur de la santé, et ceux du secteur de la justice. La grève aura duré trois (03) mois, du 30 août 2017 au jeudi 16 novembre 2017, au niveau de la santé. Les agents réclamaient le payement de certaines primes, la régularisation des carrières de certains, l’implication de leurs représentants dans les réformes en cours dans le secteur, et surtout la prise en compte par un comité habilité de leurs amendements aux réformes. Le débrayage n’a pris fin qu’après la rencontre entre le collectif des syndicats et le Chef de l’Etat, qui a fait un certain nombre de promesses à ces agents, qui se sont toutefois dits prêts à entrer de nouveau en grève si les promesses ne sont pas tenues d’ici là.  

Au niveau de la justice, ce sont les syndicats des greffiers, d’officiers de justice et tout le personnel non-greffier (représentant 80% du personnel), qui ont entamé un mouvement de grève le 18 octobre 2017. Ils s’offusquaient entre autres des premières nominations faites en août par le ministre de la Justice. A en croire les syndicats, les greffiers nommés chefs n’ont pas tous le profil requis. Ils ne reprirent le travail que le lundi 6 novembre, après avoir rencontré le Chef de l’Etat qui là aussi a pris des engagements. Un moratoire de deux mois lui a donc été accordé pour régler la situation. A noter qu’une loi vient d’être votée par l’assemblée nationale ce 28 décembre 2017, pour retirer le droit de grève aux agents de ces deux secteurs d’activité.

Hormis ces deux secteurs, d’autres domaines ont été secoués par les contestations. Le port, l’économie numérique, l’éducation, l’agriculture, la police nationale, etc. Pendant que les travailleurs du Port autonome de Cotonou entraient en grève pour demander au gouvernement de revenir sur sa décision de confier la gestion du port à un privé, les agents de Bénin Télécoms Infrastructures faisaient des sit-in contre la dissolution de leur société annoncée par l’Etat. La grogne dans la police qui a débuté en novembre 2016, s’est amplifiée cette année avec l’annonce par le gouvernement de la création de la police républicaine. Le Syndicat National des Gardiens et Brigadiers de la Paix, (Synagab-Police-Bénin), a même menacé de descendre dans la rue pour se faire entendre, affirmant que la carrière de nombreux agents est en jeu. De leur côté, des enseignants contractuels de l’Etat revendiquent toujours la révision pure et simple de leur contrat de travail, pendant que plusieurs agents du ministère de l’agriculture victimes de licenciement collectif, se demandent encore à quel saint se vouer.

Des grèves générales en vue pour 2018

D’autres situations qui attisent le courroux des partenaires sociaux, sont relatives à la nouvelle loi sur l’embauche, la mise aux arrêts de rigueur, la radiation et l’emprisonnement de certains des leurs. Il s’agit entre autres du secrétaire général du Syndicat national des eaux, forêts et chasse (Syna-Efc) Patrice Trèkpo, radié de la fonction publique pour avoir selon ses supérieurs hiérarchiques fait des diffamations sur le dossier de privatisation du Parc Pendjari, lors d’une sortie médiatique effectuée le dimanche 03 septembre 2017 ; et de Laurent Mètongnon, secrétaire générale du Fésyntra-Finances et ancien président du conseil d’administration de la caisse nationale de sécurité sociale (Cnss), incarcéré pour une affaire de rétro-commissions. Selon les syndicats, ce sont des dossiers purement politisés, qui visent à les empêcher d’user de leur liberté d’expression.

Autrefois divisées en deux camps (les signataires de la charte et de son côté la Cstb), les centrales et confédérations ont décidé aujourd’hui de faire front commun. Descendus ensemble dans les rues le vendredi 20 octobre 2017, pour réclamer un dialogue plus franc, les sept syndicats semblent aujourd’hui totalement déçus de leur coopération avec le gouvernement. Aussi, suite à la menace de radiation du capitaine Trèkpo et l’incarcération de Laurent Mètongnon, les six centrales signataires de la charte nationale du dialogue social ont pris la décision de se retirer du Cnds. La Cstb, la centrale la plus représentative du secteur public et qui a débuté il y a quelques semaines des grèves générales, annonce vouloir continuer le débrayage dès ce mois de janvier 2018

Commentaires

Commentaires du site 1
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    yayi..a respecté la const..de notre pays à la lettre..

    Il a subit…les méfaits des syndicalistes…durant sa gouvernance….eh bien des syndicalistes politiques et téléguidés….

    Quand attaturk,mao,gagamé…ont repris des pays en lambeaux…et les ont hissé…tres haut dans le concert des nations…je dis…que la démocratie..n’est pas forcément une bonne chose..

    pour des peuples…qui n’ont plus de besoins fondamentaux…pourquoi pas…

    Une bonne dictature éclairée…qui limite certains droits…

    Des grands..hommes..qui font don de leur personne..avec une vision…pour le bien du plus grands nombre…c’est ce qu’il faut..

    poutine…voilà..quelqu’un que j’apprécie….qui a pu sortir son pays..en leambeaux…et la hissé…au premier rang

    Le temps passé..au pouvoir…ce n’est pas ça le probleme…mais nous avons besoin de grands hommes…avec des grands desseins

    Merkel…en fait partie..

    J’aurais souhaité…que talon…fasse partie de ces grands hommes

    Son premier conseil des ministres…l’a trahi…à jamais…

    C’est mon avis…