Bénin : Ce qu’est devenue Fafa Ruffino

Bénin  : Ce qu’est devenue Fafa RuffinoPhoto : RFI

Après plus d’une décennie d’absence, la chanteuse et comédienne béninoise Fafa Ruffino a retrouvé le public de Cotonou ce samedi 27 janvier 2018, sur la scène de l’Institut français du Bénin.

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Elle y expose les mutations intervenues dans sa carrière, avec ces longues années en terre parisienne. Ce dernier samedi du mois de janvier 2018 à Cotonou, Fafa Ruffino effectue son ‘’come-back home’’, à l’Institut français du Bénin (Ifb). C’est un événement visiblement très attendu par un public composé de professionnels, de parents, d’amis, mais aussi de simples fans de bonne musique.

De plusieurs nationalités, ils avaient tous le regard fixé sur une scène plongée dans le noir, sur laquelle on apercevait à peine cinq jeunes hommes, instrument au point… Tous impatients de savoir ce qu’est devenue la jeune fille partie du Bénin pour Paris, il y a plus d’une dizaine d’années, pour ‘’se chercher’’ comme elle le dit elle-même. Une minute passée après la vingt-et-une nième fraction d’heure de la journée, celle-ci apparait chantant « Dunyan », et apporte la lumière. On y découvre naturellement, un visage plus mature que celui d’il y a 14 ans, avec une peau africaine plus fraiche, même si sa longue robe très ovale aux manches longues, ne laisse pas trop apprécier sa nouvelle morphologie. Mais ce dont on se rend compte bien, plus important d’ailleurs, c’est son nouveau niveau, après ses études de musique et des collaborations avec des artistes et musiciens, tant européens qu’africain. La voix de la jeune élève d’alors très amoureuse des compétitions d’interprétation puis choriste, notamment chez Nel Oliver, a acquis de l’expérience. Elle n’est plus à confondre avec Angélique Kidjo, Miriam Makeba, Bella Bellow,… qu’elle interprétait si bien. Fafa, c’est désormais cette voix qui se donne son propre timbre, avec une aisance à passer des majeures aux graves, puis aux aigues… ou à être douce puis forte -sans être agressive-, à chanter et raconter le quotidien du peuple béninois, et à revisiter les refrains de la grande mère du village, langes fon et yoruba, à travers « Xolomi », « Mi sodjo », « Fanfoun », « Mori Ifè », « Yawo », « Merci beaucoup », « Waï Yo, »… Fafa, qui entre temps à Cotonou n’avait d’identité que celle des stars qu’elle reprenait, est en train de se retrouver.

Quid de la couleur béninoise

Son identité n’est pas que vocale désormais. Elle s’atèle aussi a fait preuve de la culture nago dont elle est issue, où il y a les Egungun et surtout le Guèlèdè, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco. « Les Guèlèdè au patrimoine mondial, c’est important. Si on n’en profite pas pour faire connaitre le Guèlèdè au monde entier, ce serait dommage pour nous. C’est nous qui devons porter notre tradition et pas les autres. Mon combat, c’est le Guèlèdè », nous confie l’artiste à la fin du spectacle. Elle témoigne en avoir fait tout un projet depuis 5 ans. Certes, elle n’a pas abandonné sa passion pour le soul, mais elle exprime désormais un penchant à travailler les percussions béninoises. Seulement, les arrangements laissent encore trop de place aux couleurs modernes, qui étouffent bien ce fond rythmique aux couleurs béninoises. Mais l’artiste et son staff ont eu l’ingénieuse idée de faire intervenir dans ce concert, le célèbre chorégraphe béninois Adolphe Koffi Alladé. Ses supers anges hwendonaboua ont plusieurs fois presté sur les danses gbon et guèlèdè, pour relever le niveau de cette chaleur des racines nago que Fafa a voulu communiquer à son public, qui l’a d’ailleurs bien reçue. Les danseurs de Adolphe Koffi Alladé n’ont pas été les seuls à aider Fafa à faire monter le mercure. Il y en a eu de plus intéressant même. C’est d’abord Nel Oliver qui est intervenu à 21h 54 avec son morceau «Démocratie», mais ici en duo avec l’artiste du jour. 9 minutes après, il y a eu la vedette sénégalaise Faada Freddy, qui s’est bien amusée avec le public de Cotonou dans trois morceaux, « Reality », « Ilé » et « Life is good ».

Belle sortie

C’est un beau come-back au Bénin pour Fafa Ruffino. A la fin du spectacle, elle s’est réjouit de l’accueil de ses spectateurs actifs. « Le public a été génial. Il y a eu un échange d’énergie extraordinaire, énergie positive d’amour et de générosité. J’avais envie de leur donner tout ce que j’ai dans mon cœur. Le Béninois a encore plein d’amour à donner. Il suffit juste de savoir lui demander. Le Béninois est beau. J’en ai eu la preuve ce soir. C’était merveilleux. », s’exclame-t-elle après 90 minutes de scène de retour à la source, que son ancien maître réclame encore. « Pour moi, Fafa c’est une grande voix ; je suis très fier d’être avec elle sur scène ce soir ; je voudrais que tu reviennes ici souvent nous donner des concerts parce qu’on en a besoin. », affirme Nel Oliver

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