Education au Bénin : La grève diversement suivie à Abomey-Calavi

Education au Bénin : La grève diversement suivie à Abomey-Calavi

Les enseignants des trois ordres de l’enseignement, n’ont pas tous suivi le mouvement de grève de 72 heures annoncé pour cette semaine. C’est du moins ce que l’on peut dire au regard du constat fait hier mardi 23 janvier 2018, dans les établissements publics d’Abomey-Calavi et environs.

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Comme annoncée par les syndicats de l’enseignement, la grève de 72 heures qui devrait commencer hier sur toute l’étendue du territoire national, a été diversement suivie par les acteurs. Les élèves en classe attendant les enseignants, la cour de l’école clairsemée, les enseignants rejoignant leurs classes respectives.

C’est le constat fait dans la matinée d’hier mardi 23 janvier 2018, au Collège d’enseignement général  (Ceg) de Zoca, et au Ceg 1 d’Abomey-Calavi. Pourtant, les enseignants réunis au sein du Front d’action des syndicats de l’éducation, ont décidé de paralyser les activités pédagogiques à compter de ce jour, et ce pour trois jours. Selon les enseignants desdits établissements, le mouvement n’a pas été suivi parce que bon nombre de leurs collègues n’étaient pas informés de ce que la grève se poursuit cette semaine. La décision de la Cour constitutionnelle maintenant le droit de grève pour leur corps et d’autres, ayant induit beaucoup d’entre eux en erreur. « Je suis venu ce matin dispenser les cours, pourtant la semaine dernière je suis resté à la maison », a laissé entendre un professeur. Je pense qu’il y a eu poursuit-il, un défaut de communication autour de la nouvelle motion de grève du Front. Abondant dans son sens, Victor Agbenahin, professeur de français au Ceg 1 d’Abomey-Calavi, n’a pas tari de mots pour dénoncer cette mauvaise organisation. « Je suis au cours ce matin parce que je n’ai pas été informé assez tôt de la nouvelle motion… C’est arrivé au Ceg que j’en ai été informé. Je ne viendrai pas au cours mercredi et jeudi prochains », a souligné Victor A, avant d’inviter les uns et les autres à faire comme lui, car argue-t-il, c’est de leur corporation qu’il s’agit.

Quittant la commune d’Abomey-Calavi pour Cotonou afin de constater l’effectivité de cette grève, notre équipe de rédaction s’est rendue compte que les enseignants ont effectivement boycotté les cours. Au Ceg Le Nokoué, les enseignants renvoyaient les élèves à vendredi. « Nos revendications n’ont pas été satisfaites, par conséquent le mouvement de grève se poursuit », s’est fendu Hector Lokonon, professeur de mathématiques. Les revendications soutient-il, ne sont pas liées au maintien ou non du droit de grève. « Nous avons des revendications corporatistes » a-t-il précisé, avant d’annoncer qu’au Ceg Le Nokoué, les enseignants sont plus que jamais déterminés à observer ces trois jours de grève. Pour sa part, Amour Fatondé professeur de sport, estime que la grève est leur seul moyen de se faire entendre. « Nos gouvernants pensent-ils que les enseignants aussi n’ont pas le droit au mieux être ? », s’est-il interrogé avant d’ajouter que les enseignants sont traités comme des moins que rien. Pourtant mentionne-t-il, le président Talon avait promis faire de l’éducation un secteur attractif. Aujourd’hui, ils sont donc au regret de constater qu’il ne s’agissait que de promesses électorales. Entre autres revendications : l’application des statuts particuliers des enseignants, le relèvement du taux horaire des vacataires et la régularisation de la situation administrative et financière des enseignants

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